Monde

Morale et politique

Alon filozofé...!

Roger Orlu / 9 mars 2007

Ce mercredi matin, un auditeur de Kanal Océan Indien est intervenu dans l’émission “Alon kozé” pour plaider en faveur de « la moralisation de la vie politique à La Réunion ». Concrètement, “Nicolas de l’Ouest” a demandé que les élus soient irréprochables dans leurs rapports avec l’argent et qu’il y ait une véritable transparence dans la gestion des fonds publics, en particulier dans les aides aux associations.
On ne peut que soutenir cette revendication de ce citoyen, qui intervient souvent sur les ondes de K.O.I. pour participer aux débats organisés chaque matin par la radio sur les problèmes de notre société. En effet, il est difficile d’imaginer que l’action politique soit dispensée de respecter les règles morales.

Cette conviction est d’autant plus partagée que pour l’opinion publique, le respect des principes moraux doit s’appliquer à tous les domaines de la vie et pas seulement à la politique. On pense à tous les rapports humains, au monde économique, judiciaire, médiatique etc...
À partir de là, on se dit que la “moralisation” passe par chacune et chacun d’entre nous. Autrement dit, la morale est une question de responsabilité personnelle et collective.
Enfin, cette bataille ne concerne pas seulement La Réunion, mais aussi tous les autres pays du monde. Et pour commencer, la République dont nous faisons partie.

Pour revenir à la politique, sa “moralisation” concerne-t-elle uniquement les rapports à l’argent ? Ne porte-t-elle pas également sur la façon dont s’y exerce le pouvoir ? Ce pouvoir est-il démocratique, respectueux de l’autre, ouvert au dialogue ?
Autre problème : au service de qui et de quoi fonctionne ce pouvoir ?
À ce propos, voici une pensée exprimée par le philosophe Edgar Morin dans un entretien avec Nicolas Hulot, publié par le numéro 6 de “Philosophie Magazine” : « Il faut prendre conscience de l’urgence de devenir citoyens de la Terre. (...) Il importe de refonder la notion de développement, dont l’application partout dans le monde détruit les solidarités traditionnelles, fait déferler la corruption et l’égocentrisme. Il faut que la notion de développement se métamorphose en celle d’épanouissement ».
Voilà qui ouvre bien des perspectives pour celles et ceux qui veulent “moraliser la politique”...

Roger Orlu



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  • Si l’on peut mesurer sa propre morale, il n’est pas forcément évident de cerner la morale des autres. Seule la lecture des faits divers des journaux ou "blogs" permet de mesurer aujourd’hui la morale cachée de ceux qui prétendent à exercer des responsabilités issues du choix des électeurs..

    Edgard Morin n’aura peut être eu comme seule clairvoyance, de ressituer l’électeur dans un contexte environnemental général. Sans terre, sans eau, sans air et sans énergie, il n’y a point de salut pour l’espèce humaine.

    La conscientisation et le refus du tout consumérisme demeurent donc plus que jamais d’actualité dans cette période d’élection. Malheureusement, hormis des déclarations d’intention et des voeux pieux évoqués ici ou là, il est à craindre que rien ne changera.

    Notons toutefois, le sursaut de la Chine, dans le rapport qu’elle souhaite avoir avec son environnement.

    Que des puissances "émergentes" aient ce positionnement qu’elles ont les moyens d’imposer aux puissances qu’elles désirent aider, renvoie à la masturbation intellectuelle et au peu de cas que font les pays historiques du G7 de leur environnement.

    Il suffit de voir à la Réunion par exemple, les tergiversations inutiles et les casses occasionnées par le politique aux acteurs de terrain reconnus et appréciés de la population.

    Quelle est donc la morale de Mme Dindar, de monsieur Pajany ?
    Quelles sont leurs motivations à l’exercice du pouvoir ? Intérêts personnels plus sûrement que réel don de soi au service des autres...

    Seule l’action engendre des résultats, mais parfois, il est bon de s’abstenir.

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