« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
La CGTR et la victoire du ’non’
2 juin 2005

Le social a pesé sur le choix de vote pour ce rendez-vous aux urnes. ’C’est le vote des travailleurs’, note Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR, un vote qui oblige un regard sur le rôle du syndicalisme et des mouvements sociaux.
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La question sociale était centrale au débat public sur le projet de Constitution européenne, comme elle l’a été aux échéances cantonales et régionales de 2004. Ivan Hoareau en est persuadé. Selon ses sources, le social représentait 68% du “non” exprimé, et 59% du “oui”. Le gouvernement Raffarin a montré qu’il n’écoutait pas la rue, la France d’en bas, les Réunionnais d’en bas, notamment en initiant le chantier de la réforme des retraites et du transfert des TOS. Sans même écouter les principaux concernés. "Le syndicalisme prend forcément des coups dans ce contexte ultra-libéral effréné" reconnaît Ivan Hoareau. Mais de poursuivre "ce vote traduit l’utilité du syndicalisme et des mouvements sociaux". La CGTR était présente dans cette bataille, malgré toutes ses obligations pour l’organisation de son dixième congrès. "Nous avons joué notre rôle" poursuit-il. Dès le 31 mars dernier, le syndicat donnait pour consigne de vote de rejeter le traité, au vu de ses invectives contre les travailleurs réunionnais, toutes confédérations confondues.
"Ce nom est de gauche"
Ivan Hoareau dénonce cependant les conditions de la campagne référendaire. Il regrette que certains politiques réunionnais aient préféré instaurer la peur dans le débat. Il rappelle que les travailleurs ont donné un vote positif pour l’Europe, un choix cohérent, et non percé par la confusion. "C’est un traité qui met les travailleurs en concurrence et qui propose l’harmonisation sociale par le bas", note le secrétaire général de la CGTR. La politique gouvernementale française étant étroitement liée au cadre européen, par ce vote, "les travailleurs ont demandé que l’on change de politique, pas de gouvernement" poursuit-il. Oui, au niveau national, "c’est un vote qui exprime une remise en cause de toutes les contre-réformes initiées par le gouvernement". Pour Ivan Hoareau, les partisans du “oui” ne disposaient pas d’arguments valables pour convaincre les électeurs européens de La Réunion. Par ailleurs, certains propos tenus chez les partisans du “oui” - sûrement vexés par l’ampleur de leur déconfiture - sont qualifiés d’inadmissibles. Non, madame la sénatrice Payet, La Réunion n’est pas un petit enfant gâté, qui renie l’intervention européenne sur son territoire. "Il y a des colonisés qui s’ignorent" rétorque Ivan Hoareau. Non, madame la députée européenne Sudre, ce n’est pas le populisme qui a fait que les gens votent “non”. Par contre, Ivan Hoareau amène à constater que ce traité met en concurrence les travailleurs européens, de manière flagrante. Les travailleurs réunionnais l’ont compris, comme la jeunesse en général, principale victime du chômage, ou encore les travailleurs du Nord de la France, qui voient leurs entreprises se délocaliser.
"Ce changement de gouvernement n’apportera rien"
Aujourd’hui, Jacques Chirac annonce que l’emploi est la priorité des priorités pour son nouveau gouvernement. Gouvernement de pure continuité, puisqu’ils nomment deux de ses lieutenants. Dominique de Villepin est à la tête du gouvernement, secondé de Nicolas Sarkozy. C’est sûr, il y a du changement d’impulsion. La Gauche doit quant à elle répondre à l’appel des électeurs, en proposant un projet alternatif. "Nous voulons que l’on change de politique ; ce changement de gouvernement n’apportera rien", déplore Ivan Hoareau. La CGTR exprime sa volonté de voir l’homme, le travailleur, pris en compte, respecté. Elle propose par exemple l’introduction de l’indice de développement humain (IDH). Par ailleurs, le syndicat réunionnais souhaite l’indépendance de la banque centrale européenne, et revoir ses objectifs. Elle ne sert qu’à privilégier les rentiers, totalement livrée à elle. Outre l’harmonisation sociale, la CGTR explique l’importance d’une harmonisation fiscale, "qui ne peut jouer que si l’on aide fortement les nouveaux pays entrants". Pour l’heure, nous partageons le même budget que pour l’Europe des 15. Des préoccupations donc, qui seront sûrement au cœur du 10ème congrès de la Confédération générale du travail de La Réunion, qui se tiendra au Port, du 23 au 25 juin prochain.
Bbj
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