Monde

Peine de mort annulée contre un blogueur mauritanien

Mauritanie

Témoignages.re / 10 novembre 2017

La Cour d’appel de Nouadhibou a cassé, jeudi après-midi, la décision rendue en janvier 2014, ordonnant la peine de mort contre un blogueur du nom de Mohamed Ould M’Kheitir, reconnu coupable « d’apostasie », a appris la PANA de sources judiciaires.

JPEG - 11.6 ko

Se référant à l’article 306 du Code Pénal mauritanien, la Cour d’appel a condamné le blogueur à une peine de 2 ans de prison ferme et une amende de 60.000 ouguiyas, soit environ 185 dollars us pour « mécréance ». Cette peine a déjà été purgée par le blogueur dans le cadre d’une détention à titre préventif depuis janvier 2014.

Le blogueur, rappelle-t-on, avait été condamné à la peine de mort pour « apostasie » par la Cour criminelle de Nouadhibou en janvier 2014. La Cour d’appel de la même ville a requalifié les faits en « mécréance » en maintenant toutefois le même verdict, en avril 2016. Saisie d’un pourvoi par les avocats de la défense, la Cour suprême de Mauritanie a rendu un arrêt ordonnant le retour du dossier devant la Cour d’appel de Nouadhibou composée par de nouveaux magistrats.

Au cours des 4 dernières années, plusieurs manifestations de rue, encadrées par la mouvance islamiste radicale, ont été organisées pour réclamer la tête du blogueur, accusé d’avoir renoncé à sa religion.

Par contre, des ONG de défense des droits humains, à l’image de Human Rights Watch (HRW) et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) ont, plusieurs fois, interpellé les autorités mauritaniennes en dénonçant « la persécution d’un blogueur détenu pour délit d’opinion » et en exigeant un procès équitable qui devrait déboucher sur sa libération.

La mouvance islamiste radicale accuse Mohamed Ould M’Kheitir d’avoir renoncé à sa religion suite à des critiques portant sur certains aspects de l’organisation de la société arabe au temps du prophète. Cependant, une thèse contraire à ces allégations affirme que le blogueur a plutôt dénoncé le recours à des arguments « religieux » pour justifier la marginalisation de la caste des forgerons au sein de la société mauritanienne.