Meeting de l’Alliance à Sainte-Suzanne

’ Pitié, nous serons sans pitié dimanche... ’

12 juin 2004

Christiane Taubira, en visite express sur l’île, était hier accueillie en triomphe au Bocage (Sainte-Suzanne). Présidente du comité de soutien de “L’Alliance Outre-Mer”, elle venait apporter son soutien à la liste conduite par Paul Vergès, juste avant de reprendre l’avion pour retrouver sa campagne en Île-de-France, où elle est candidate.

C’est Maurice Gironcel, le maire et conseiller général de Sainte-Suzanne, qui accueille Christiane Taubira. Ouvrant le meeting, il insiste sur l’honneur de recevoir cette militante politique. Son combat pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité est aujourd’hui la preuve évidente que l’Outre-Mer a ses défenseurs. Elle a défendu une Histoire, que nous avons en commun avec les peuples de l’Outre-Mer.
Elle a eu "ce geste élégant", pour reprendre Radjah Vélopoulé, d’abandonner quelque peu sa campagne pour venir soutenir la liste qui lutte pour la dignité des Domiens. Il insistera sur l’importance de voter, mais voter efficace, utile. Il énumère les raisons de voter pour l’Alliance. D’abord, "parce que le temps du commandeur est bel et bien fini", explique-t-il, montrant par la même que les DOM peuvent et doivent décider de leur devenir. Et puis, "qui mieux que le Président Vergès pourra amener La Réunion à relever les défis qui l’attend ?", demande-t-il.
Il semble logique, et tout les orateurs l’ont rappelé avec vigueur, que le président d’une région endossera plus efficacement ses responsabilités auprès de sa région, en étant impliqué au parlement européen, puisqu’il est aujourd’hui établi que la Région et l’Europe travaillent ensemble au développement de l’île.
Radjah Vélopoulé rappelle que "nous devons prendre conscience que notre vote est une sanction contre la politique antisociale que persiste à mener le gouvernement Raffarin". Ce qui ravive la détermination des centaines de personnes venues participer à ce meeting à voter efficacement : Paul Vergès.
Michèle Marimoutou, membre du comité de soutien, explique son soutien à Paul Vergès pour la maturation de sa réflexion politique. "La bataille des élections européennes, indique-t-elle, est une étape importante de notre devenir". Et c’est la raison pour laquelle elle appelle à voter pour la seule personne, qui s’attache à défendre les intérêts de La Réunion , comme des DOM. 

Pour être au cœur des décisions

Accueillie sous un tonnerre d’applaudissements, Christiane Taubira salue le sens naturel de l’hospitalité, dans le “quartier du beau pays”. Faisant preuve d’une humilité irréprochable, elle rappelle que le combat qu’elle a mené et qu’elle continue à porter est aussi le combat de parlementaires réunionnais qui ont tout autant œuvré pour que soit reconnue cette partie atroce de notre Histoire commune.
La candidate aux élections européennes en Île-de-France rappelle ce qui tient la primeur dans les échéances électorales prochaines. "Nous sommes ici pour les élections européennes", déclare-t-elle, mettant ainsi en exergue l’importance de voter ce dimanche 13 juin. Et, selon la députée socialiste guyanaise, il incombe aux futurs parlementaires européens "d’apporter des solutions à un monde qui a besoin de retrouver ses marques".
"J’apporte mon soutien à une liste qui dit qu’il n’y a plus de commandeur dans l’Outre-Mer", lance-t-elle alors à l’assemblée, toute conquise par la portée même du discours.
"Nou lé pa plis, nou lé pa moin, alors respèkt anou", disait Laurent Vergès à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, il importe de le faire entendre à Bruxelles. "Ils ont décidé de nous appeler l’Outre-Mer. Un seul nom pour toutes ses régions et ses territoires, où bouillonne toute la pensée du monde. Nous sommes toujours ailleurs, jamais au centre. Jamais au cœur des décisions. Mais, quoique disent les livres de géographies, nos terres sont monumentales, grandes et immenses, par la créativité de ses peuples", déclara-t-elle.
Oui, les DOM veulent être au cœur des décisions qui les concernent. "Nous permettons aux générations suivantes de marcher avec plus d’assurance sur les carrefours de la vie", ajoute Christiane Taubira, qui conclut sur une locution chère à Aimé Césaire : "Pitié, sans pitié ... dimanche".


Bbj


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Témoignages - 82e année


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