Conflit au Haut-Karabakh

Plus de 100.000 personnes ont quitté le territoire

2 octobre 2023, par temoignagesceline

Ils étaient 120.000 Arméniens à vivre dans cette enclave avant l’annonce de la dissolution de cette république séparatiste, selon les chiffres officiels. L’ONU a envoyé ce week-end une mission au Haut-Karabakh pour évaluer principalement les besoins humanitaires, a annoncé le porte-parole de l’ONU, précisant que l’organisation n’avait pas eu accès à cette région « depuis environ 30 ans ».

La république séparatiste autoproclamée du Nagorny Karabakh est désoramis désertée par ses habitants depuis le 30 septembre avec plus de 100.000 réfugiés arrivés en Arménie selon Nazeli Baghdassarian, la porte-parole du premier ministre arménien Nikol Pachinian.

D’après les chiffres officiels, environ 120.000 Arméniens vivaient dans l’enclave avant l’annonce de sa spectaculaire dissolution et les appels de l’Azerbaïdjan à rester semblent sans effet.

« Il reste tout au plus quelques centaines de fonctionnaires, d’urgentistes, de bénévoles et de personnes ayant des besoins spéciaux, qui se préparent également à partir », a écrit sur X (en-Twitter) l’ancien médiateur des droits du Nagorny Karabakh, Artak Beglarian, précisant que ces informations ne sont « pas officielles ».

L’ONU a envoyé ce week-end une mission au Haut-Karabakh pour évaluer principalement les besoins humanitaires, a annoncé le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric, précisant que l’organisation n’avait pas eu accès à cette région « depuis environ 30 ans ».

« Le gouvernement d’Azerbaïdjan et l’ONU se sont mis d’accord sur une mission dans la région. La mission aura lieu ce week-end », a-t-il déclaré.

L’enclave a décrété jeudi la dissolution « de toutes les institutions gouvernementales (...) au 1er janvier 2024 », signant la fin de l’existence de « la République du Nagorny Karabakh » autoproclamée il y a plus de trois décennies.

En quelques jours, plus de 80% des 120.000 habitants officiels ont donc quitté leur foyer par peur des représailles en brûlant leurs effets personnels avant de s’engager dans la colonne des réfugiés.

Cette région à majorité chrétienne, qui avait fait sécession de l’Azerbaïdjan à majorité musulmane à la désintégration de l’URSS, s’est opposée pendant plus de trois décennies à Bakou, notamment lors de deux guerres entre 1988 et 1994 et à l’automne 2020.

« Nous n’avons pas eu accès à cette région depuis environ 30 ans », en raison de « la situation géopolitique compliquée », « il est donc très important que nous puissions entrer », a ajouté le porte-parole du secrétaire général de l’ONU.

L’équipe d’une dizaine de personnes menée par des responsables du bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) « va chercher à évaluer la situation sur le terrain et à identifier les besoins humanitaires, à la fois pour les gens qui restent et ceux qui se déplacent ».

« Il faut rappeler la nécessité pour tout le monde du respect du droit international, en particulier concernant les droits humains », a-t-il ajouté, notant toutefois qu’aucun représentant du Haut commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU ne participerait à cette « mission initiale » qui se concentrera que les questions « humanitaires et de protection ».


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