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Côte d’Ivoire
Départ de Français sur fond de manifestations
3 février 2003

La manifestation, qui a réuni samedi à Abidjan des centaines de milliers d’ivoiriens pour dénoncer les accords de Marcoussis, s’est achevée dans le calme. L’évacuation des Français d’Adidjan s’accélère. Mais hier, le meurtre d’un opposant enlevé par des hommes présentés comme ’en uniforme’ a relancé les manifestations violentes.
Des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues d’Abidjan samedi pour protester contre les accords de Marcoussis, de plus en plus contestés par le pouvoir. Les manifestants, "jeunes patriotes" partisans du président Gbagbo mais aussi fonctionnaires, hommes d’affaires ou mères de famille, se sont massés dans le calme sur la place de la République, au pied du palais présidentiel, en milieu de matinée. Ce rassemblement, de loin le plus important depuis le début de la crise commencée le 19 septembre, bien organisé et encadré par des forces de l’ordre ivoiriennes très présentes, s’est déroulé dans le calme. Aucun incident n’a été enregistré après sa dispersion, en début d’après-midi.
Les participants en files interrompues portaient auparavant des cercueils et des écriteaux sur lesquels on pouvait lire : « Chirac mort » ; « goodbye France, welcome USA » ; « la France ne peut pas nous imposer des rebelles » ; « à bas Marcoussis ».
Après des discours de représentants syndicaux, de femmes ou de professeurs d’université, les leaders des "jeunes patriotes", partisans du président Gbagbo, sont montés sur le podium. Tous ont rejeté en bloc les accords de Marcoussis, qui prévoient notamment l’entrée des rebelles dans un gouvernement d’union nationale, et proclamé leur soutien au président Gbagbo.
L’État français, accusé d’avoir "trahi" la Côte d’Ivoire à Marcoussis, était également pointé du doigt. Mais pour éviter tout amalgame, les organisateurs et orateurs ont bien pris soin dans leurs discours de distinguer le peuple français et ses dirigeants politiques, au premier rang desquels Jacques Chirac et le chef de la diplomatie Dominique de Villepin. Quelques Français résidant en Côte d’Ivoire sont même montés sur le podium pour s’adresser à la foule.
| Les accords de paix de Marcoussis |
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| Signés, le 24 janvier dernier, dans la banlieue parisienne, entre les principales formations politiques et les mouvements rebelles ivoiriens, ces accords, qui ont été entérinés par la Conférence des chefs d’État sur la Côte d’Ivoire, sont censés mettre un terme définitif à la grave crise qui secoue le pays depuis le 19 septembre dernier. Ils organisent notamment un partage du pouvoir, avec la mise en place d’un gouvernement de réconciliation nationale dirigé par un Premier ministre de consensus doté de pouvoirs étendus. Mais leur mise en œuvre pose problème au sujet de l’attribution aux rebelles du MPCI des portefeuilles clefs de la Défense et de l’Intérieur, qui est vigoureusement contestée par les tenants du pouvoir en place. |
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