Conférence des ministres des Affaires étrangères des BRICS en Inde à New Dehli

Pour une gouvernance mondiale « plus juste, représentative et démocratique »

18 mai, par Manuel Marchal

Réunis à New Delhi pour les 20 ans des BRICS, les ministres des Affaires étrangères ont défendu un monde multipolaire et une réforme de la gouvernance mondiale, notamment de l’ONU et des institutions financières internationales. Le communiqué condamne les sanctions unilatérales, le protectionnisme et appelle à un cessez-le-feu à Gaza. Les BRICS renforcent aussi leur coopération économique, technologique, climatique et sécuritaire afin de porter davantage la voix du Sud global.

À New Delhi, les ministres des Affaires étrangères des BRICS ont affiché une ambition claire : faire du groupe élargi un contrepoids durable à l’ordre international dominé par les puissances occidentales. Réunis les 14 et 15 mai 2026 sous présidence indienne, les représentants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, de l’Afrique du Sud et des nouveaux membres ont adopté un communiqué dense qui reflète la montée en puissance politique du bloc.
À l’occasion du 20e anniversaire des BRICS, les ministres ont insisté sur la nécessité de réformer la gouvernance mondiale afin de la rendre « plus juste, représentative et démocratique ». Le texte réclame une transformation du Conseil de sécurité de l’ONU, avec une plus grande place accordée aux pays du Sud, notamment africains, et réaffirme les ambitions du Brésil et de l’Inde à jouer un rôle accru au sein des Nations unies.

Cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza

Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation économique, les BRICS défendent un monde « multipolaire » fondé sur le multilatéralisme et le respect de la souveraineté des États. Le communiqué condamne les sanctions unilatérales jugées contraires au droit international et critique la montée du protectionnisme commercial. Les ministres dénoncent également les hausses de droits de douane et les mesures non tarifaires qui perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales.
La question du Moyen-Orient occupe une place importante du document. Les BRICS appellent à un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza, réclament un accès humanitaire sans entrave et réaffirment leur soutien à la solution à deux États avec Jérusalem-Est comme capitale d’un futur État palestinien. Le texte évoque aussi les crises au Liban, au Soudan, en Syrie et au Yémen, tout en plaidant pour des solutions diplomatiques.

Réforme du FMI et de la Banque mondiale

Sur le plan économique, les ministres soutiennent une réforme des institutions de Bretton Woods, notamment du FMI et de la Banque mondiale, afin de renforcer la représentation des économies émergentes. Ils souhaitent également accélérer les mécanismes de paiements transfrontaliers entre pays membres et développer le rôle de la Nouvelle banque de développement des BRICS.

Attachement à l’Accord de Paris sur le climat

Le communiqué met enfin l’accent sur les enjeux technologiques et climatiques. Les BRICS veulent renforcer leur coopération en matière d’intelligence artificielle, de cybersécurité, de santé et de transition énergétique. Ils réaffirment leur attachement à l’Accord de Paris sur le climat tout en défendant le principe de responsabilités différenciées entre pays développés et émergents.

M.M.

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