Guerre impérialiste contre le peuple iranien

Pourquoi l’UE s’aligne-t-elle sur Washington qui veut détruire l’UE ?

26 août, par Manuel Marchal

La position de l’Union européenne, qui assume pleinement son propre arsenal de sanctions contre l’Iran sans condamner frontalement les États-Unis, paraît en effet paradoxale au regard des déclarations virulentes de Donald Trump, chef des USA, à son encontre.

La position européenne sur l’Iran semble paradoxale au regard des propos de Trump (l’UE « créée pour arnaquer les USA »). Historiquement, Washington a soutenu la construction européenne via le Plan Marshall. L’UE, héritière de ce partenariat, assume ses propres sanctions contre Téhéran sans condamner frontalement les États-Unis. Elle ne peut adopter la posture contestataire des BRICS, car sa relation avec Washington reste un équilibre entre interdépendance et concurrence, la coopération l’emportant malgré les provocations de l’extrême droite au pouvoir à Washington.

Les propos de Trump : une hostilité ouvertement affichée

Lors de la première réunion de son cabinet, le 26 février 2025, Donald Trump a tenu des propos sans équivoque : « L’Union européenne a été créée pour arnaquer les États-Unis, c’est son but, et elle a bien réussi ». Il a répété à plusieurs reprises que l’UE « a été conçue pour entuber les États-Unis », allant jusqu’à affirmer que « l’Union européenne a été formée pour nuire aux États-Unis ». Pour le président américain, l’UE n’est pas un partenaire mais un adversaire commercial qui « a vraiment profité de nous », avec un déficit commercial qu’il estime à 300 milliards de dollars.

La réalité historique : une construction européenne soutenue par Washington

Ces déclarations, contredisent frontalement l’histoire. Comme le rappelle le site pédagogique Touteleurope.eu au sujet des USA, « ces derniers ont joué un rôle crucial dans la construction européenne, principalement à travers leur influence politique, diplomatique et économique après la Seconde Guerre mondiale ». Les États-Unis ont injecté 17 milliards de dollars via le Plan Marshall en 1948, conditionnant cette aide à une coopération économique entre les Européens. Loin de chercher à « contrer » Washington, la construction européenne répondait à une double volonté : stabiliser un continent dévasté et empêcher toute nouvelle guerre entre la France et l’Allemagne.

Un paradoxe qui éclaire la position européenne sur l’Iran

C’est précisément parce que l’UE est un projet historique soutenu par les États-Unis — et non une structure créée pour leur nuire — qu’elle entretient avec Washington des relations complexes, faites d’interdépendance et de concurrence. Sur le dossier iranien, Bruxelles ne peut donc pas adopter la même posture de contestation que les BRICS. L’UE assume son propre régime de sanctions, tout en cherchant à préserver son autonomie stratégique face aux pressions américaines. Cette position, qui peut sembler étonnante à première vue, est en réalité le reflet d’un partenariat transatlantique où la coopération l’emporte encore sur la confrontation — malgré les provocations de Donald Trump.

M.M.

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