Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
18 août 2025, par

Comme beaucoup de dirigeants politiques, j’ai suivi la rencontre Trump-Poutine, en Alaska, en particulier la conférence de presse. Mon intérêt était de vérifier si l’événement confirme ou infirme l’hypothèse que j’ai exposée dans un courrier, le 25 février 2022, au lendemain de l’intervention militaire de la Russie en Ukraine. Sous le titre « Saluons la fin de la guerre froide », voici la fin :
« Sur le plan historique, la Guerre froide vient de prendre fin par la résistance de la Russie face aux vainqueurs auto-proclamés qui avaient écrit « la fin de l’histoire ». L’objectif stratégique des Américains de dépecer la Russie en 3 régions vient d’échouer. L’OTAN est devenue un « machin » aussi inutile qu’ en Afghanistan. Le président français avait dit qu’il était en état de « mort cérébrale ». C’est l’état des vainqueurs de la première manche de la Guerre froide.
On arrive au stade où l’équilibre de la terreur va exiger une nouvelle gouvernance mondiale, globale et durable. Les États-Unis ne peuvent plus diriger le monde, à partir de leurs seuls intérêts, en dépit de toute morale. Ils ont trop de morts sur la conscience. Il est tout aussi urgent qu’ils lèvent le blocus de Cuba, reconnaissent l’État palestinien ou organisent le retour du peuple chagossien dans son pays natal après en avoir été expulsé pour bâtir une base militaire à Diego-Garcia.
Peut-être que la proposition chinoise d’une « communauté de destin partagée » pourrait servir de base de travail. Toutes les attaques organisées depuis les États-Unis pour empêcher la tenue des JO ont lamentablement échoué. La stratégie Zéro Covid dans un pays de 1,4 milliard d’habitants est très instructive. Les grands défis mondiaux ont besoin de dialogue. »
La rencontre Trump-Poutine est bien une conférence au sommet pour renouer le dialogue et reconstruire pas à pas la confiance. Signe des temps : pour effectuer le dernier kilomètre, Poutine s’engouffre dans la voiture de Trump, certainement, pour ajuster l’essentiel. Le reste du déroulé a été plié en 2 heures, pour laisser plus de signification à la conférence de presse déjà convenue. Il y aura donc une suite. Trump a été invité à Moscou. L’annonce faite en anglais donne une importance populaire au dialogue et renforce la prise de décision de Trump. On assiste à un bouleversement géopolitique.
La rencontre Trump-Poutine a mis en avant les bienfaits du voisinage, l’histoire commune de l’Alaska et l’entente durant la guerre mondiale. Des chefs d’entreprises ont accompagné Poutine pour anticiper sur le potentiel des relations économiques, alors que le pays se trouve sous des paquets de sanctions. Une gestion collective de l’Arctique n’est pas à exclure.
Cette culture du bon voisinage est très familière à Xi Jinping qui structure, sur cette géographie, des Traités économiques, commerciaux et sécuritaires. Ainsi, malgré les réalités politiques et idéologiques différentes, la Chine est une puissance au sein de la RCEP, la plus grande zone de libre-échange au monde qui regroupe les 10 pays de l’ASAEN, plus la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande). Les Etats-Unis et l’Inde en sont absents. La Chine est membre fondatrice de l’OCS (Organisation de coopération Shanghai), fondée par la Chine, la Russie et 3 pays de l’Asie centrale (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Tadjikistan). Depuis, 2015, elle a été ouverte à l’Inde et au Pakistan, puis à l’Iran et l’Ouzbékistan. Aujourd’hui, les huit pays membres de l’OCS représentent environ 50 % de la population mondiale et plus de 20 % du PIB mondial. Ainsi, dans cette nouvelle géographie, la Russie devient le trait d’union actif entre la Chine et les Etats-Unis. Aussi, la séquence dans la voiture de Trump pourrait être la transmission orale d’un message de Xi Jinping.
L’adoption d’une telle géographie pour de nouvelles relations mondiales mettra un terme à la guerre froide et définit une nouvelle gouvernance débarrassée de l’héritage de la mentalité coloniale et des pratiques racistes et fascistes conduites par les puissances européennes depuis 5 siècles. L’avenir pourrait être un poste d’observateur US à l’OCS, un organisme plus efficace pour la Paix que l’Otan. En tout cas, il n’est pas belliciste. Trump pourrait rendre à la Russie ses avoirs gelés illégalement. Dans ce contexte, l’avenir de la fameuse stratégie indo-pacifique de l’Union Européenne et de l’Otan poussant à la guerre contre la Chine, après avoir vaincu la Russie, est bien compromis. La France a intérêt à dissoudre l’OTAN et économiser 5% de son budget. L’Histoire jugera les Réunionnais qui ont utilisé leur poste d’élus pour entraîner La Réunion dans une passe dangereuse.
Ary Yee-Chong-Tchi-Kan
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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