Deux camps s’opposent : pro-Chine vs Pro-Inde

Présidentielle aux Maldives : deuxième tour le 30 septembre

15 septembre 2023, par temoignagesceline

Le président sortant des Maldives, Ibrahim Mohamed Solih cherche des alliés pour tenter de se faire réélire au deuxième tour de l’élection présidentielle, prévu le 30 septembre, après être arrivé deuxième la veille au premier tour selon des résultats définitifs.

Ibrahim Mohamed Solih, 61 ans, a obtenu 86.161 voix, derrière son principal rival, le maire de la capitale Mohamed Muizzu, 45 ans, qui a rassemblé 101.635 voix. Huit candidats se présentaient au premier tour dans l’archipel de l’océan Indien qui compte 1.192 îlots coralliens répartis sur 800 km. Près de 80% de l’électorat qui compte 282.000 personnes a participé au vote, contre 90% pour l’élection présidentielle de 2018.

Ilyas Labeeb, en rupture avec le parti de Ibrahim Mohamed Solih, le Parti démocratique des Maldives (Maldivian Democratic Party, MDP), est arrivé en troisième position avec 15.839 voix (7,18%). Il n’a pas donné d’indication sur un soutien à l’un ou l’autre des candidats du second tour.

"Nous devons nous allier à d’autres", a déclaré Ibrahim Mohamed Solih lors d’un point presse. Ce dernier avait obtenu 58,3% des voix lors de la précédente élection. Il a indiqué que des "facteurs imprévus" expliquent sa contre-performance.

Le président sortant a fait du scrutin un référendum de facto sur la volonté de l’archipel de renouveler ses relations avec l’Inde. En effet, une confrontation féroce a lieu entre la Chine et l’Inde aux Maldives, représenté par les deux sortants de ce premier tour.

Les Maldives, chapelet d’îles qui occupent une position hautement stratégique dans l’océan Indien. Ainsi, Ibrahim Mohamed Solih, élu en 2018 sur un programme de rapprochement avec New Delhi, n’a réuni que 39 % des voix, devancé par Mohamed Muizzu, le maire de Malé, l’île-capitale de l’archipel, et ardent défenseur des investissements chinois dans le pays, qui a obtenu 46 % des voix.

D’ailleurs, Mohamed Muizzu est proche de l’ex-président Abdulla Yameen (2013-2018), un partisan du rapprochement avec la Chine qui prône une réduction des liens économiques et militaires avec l’Inde.

Abdulla Yameen , principale figure de l’opposition, purge une peine de 11 ans de prison après avoir été condamné en décembre pour corruption et blanchiment. Il s’est vu interdire de concourir à l’élection présidentielle. Son parti, le Parti progressiste des Maldives soutient le maire de Malé et ancien ministre du Logement.

A son arrivée au pouvoir après avoir battu Abdulla Yameen, qui avait massivement emprunté à la Chine pour des projets de construction durant ses cinq ans au pouvoir, Ibrahim Mohamed Solih s’était empressé de rétablir les relations avec New Delhi.


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