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Droits humains
Un des chefs de l’opposition zimbabwéenne enchaîné lors de sa comparution devant le tribunal
13 juin 2003

Les avocats de l’opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai, qui doit faire face à deux chefs d’accusation de trahison, ont vivement protesté devant le traitement infligé à leur client, lorsqu’il a comparu mercredi devant le tribunal avec des chaînes aux pieds et aux mains et vêtu d’une tenue de prisonnier pas très propre.
Le leader de l’opposition semblait hagard et perdu lorsque les gardes l’ont conduit devant le tribunal pour sa demande de liberté provisoire dans le cadre de la dernière affaire de trahison où il est accusé d’avoir comploté pour renverser le gouvernement de manière anticonstitutionnelle par l’organisation, la semaine dernière, de manifestations de rue avec le soutien de son parti. La défense, dirigée par l’avocat sud-africain George Bizos, a vivement protesté contre le traitement infligé à Morgan Tsvangirai et a demandé qu’il puisse se changer avant le début de l’audience, soutenant que c’était son droit tant qu’il n’est pas condamné. Citant des exemples d’autres endroits et même au Zimbabwe, Me Bizos a déclaré que le leader de l’opposition zimbabwéenne a été l’objet d’un traitement confinant à un « déni de son droit fondamental à la dignité ». Les autorités de la prison ont catégoriquement refusé de permettre à Morgan Tsvangirai de changer de vêtements en prison, même s’il tremblait de froid, habillé qu’il était de sandales, d’une chemise à manches courtes et d’un short en plein hiver.
Cette situation a poussé la juge Susan Mavangira à instruire l’affaire avant de passer au procès pour trahison. La magistrate a donné raison à la défense et le tribunal a suspendu l’audience pour un court instant afin de permettre à Morgan Tsvangirai de porter des habits civils.
Le leader de l’opposition a été arrêté vendredi dernier et détenu dans une cellule de la police jusqu’à lundi, lorsqu’un magistrat a ordonné qu’il soit emprisonné jusqu’au 10 juillet pour être jugé. Il est accusé d’avoir essayé d’utiliser les manifestations de masse organisées par son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) en vue de renverser le président Robert Mugabe qui, selon lui, aurait manipulé l’élection présidentielle de l’année dernière. Morgan Tsvangirai a démenti les accusations ainsi qu’une autre imputation de trahison selon laquelle lui-même et le secrétaire général du MDC, Welshman Ncube, ainsi que le député Renson Gasela auraient comploté pour assassiner Robert Mugabe avant la tenue du scrutin présidentielle de 2002. L’État s’oppose à la libération sous caution du leader de l’opposition en invoquant des raisons de sécurité, en prétextant qu’il pourrait inciter le public à se révolter contre le gouvernement.
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