Monde

Quel "renouveau démocratique" ?

“Alon filozofé” ... !* Billet philosophique

Roger Orlu / 27 avril 2007

Comme nous sommes dans une période électorale aux enjeux exceptionnels pour notre vie quotidienne pour les prochaines années, “alon filozofé” sur la Présidentielle. C’est-à-dire réfléchir sur le déroulement de cette élection.

À propos du 1er tour, tous les observateurs ont souligné les taux records de participation à ce scrutin, aussi bien dans l’hexagone qu’à La Réunion. Des taux qui ont été analysés comme un signe de « renouveau démocratique » dans nos sociétés.
De fait, venant après des taux énormes d’abstention au fil des précédentes élections, c’est un signe encourageant. En effet, il vaut mieux que les citoyennes et les citoyens exercent leur droit de vote pour exprimer leur choix politique au niveau de l’État plutôt qu’ils restent indifférents au type de pouvoir qui va s’exercer dans la République.

Mais ce rayon de soleil dans un ciel politique plutôt nuageux ne devrait pas nous empêcher d’analyser avec lucidité le contenu et la signification de ce sursaut. À y regarder de plus près, on peut s’interroger sur le contenu et la signification de ce « renouveau démocratique ». D’autant qu’il est difficile de nier la pauvreté du débat politique durant cette campagne.
En effet, on a vu comment le système bipolaire de ce scrutin et le pouvoir médiatique ont “boosté” ce qu’on a appelé le “vote utile” réduisant la palette du choix de l’électorat au 1er tour à deux candidats. Un choix imposé et dont le ressort principal était la peur.

En jouant sur la peur, tout a été fait pour que seulement deux discours soient privilégiés et que les autres soient “bordés”, voire éliminés. Le débat électoral a été centré principalement autour d’une question : comment faire pour que deux candidats jugés présidentiables arrivent au 2ème tour ?
Ainsi, les questions essentielles - comme le sens du pouvoir et l’avenir de l’humanité, la faim dans le monde, la lutte pour la démilitarisation etc... - ont été “gommées”.
Mais peut-on construire une démocratie responsable et citoyenne sur la base d’un sentiment, d’une émotion, plutôt que sur la raison ? En tout cas, comme le chante le groupe de rock No One Is Innocent, « la peur fait rarement avancer ».

En définitive, les enjeux véritables de ce scrutin n’ont pas été pris en compte par la plupart des responsables politiques. Cela pose une fois de plus la question de savoir pour quoi et pour qui on fait de la politique. Est-ce pour faire une carrière personnelle et défendre des avantages pour soi-même ou des intérêts liés à sa position sociale ou bien est-ce pour servir les autres et aider la société à progresser vers davantage d’humanité ?
Ces questions fondamentales devront continuer à être posées après le 6 mai, quel que soit le locataire de l’Élysée. Et les Réunionnais ne manqueront pas de se mobiliser pour faire réellement avancer la démocratie dans leur pays, c’est-à-dire “le pouvoir par le peuple”.

Roger Orlu

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