APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Regard d’une agence de l’Organisation des Nations Unies
2 mars 2009

Le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU a publié récemment un article où il évoque la tenue rapprochée de deux votes : le référendum constitutionnel du 22 mars dans l’Union des Comores et la consultation sur le changement éventuel de statut de Mayotte le 29 mars. Cet article fait part de différents points de vue, c’est un éclairage intéressant sur ce débat.
« Les Comores revêtaient une importance stratégique pour la France en raison de leur localisation, à l’entrée Nord du Canal du Mozambique, à mi-chemin entre le Mozambique et Madagascar, et restent importantes aujourd’hui encore, selon Chris Ayangafac, chercheur principal à l’Institut d’études de sécurité, une cellule de réflexion africaine.
« La côte Est de l’Afrique fait l’objet d’un intérêt de plus en plus marqué en partie parce que l’on cherche à contrer la présence croissante de l’Iran dans cette zone et aux Comores, et que la présence accrue de la France permet de la contrebalancer », a-t-il expliqué.
Pour M. Ayangafac, le référendum organisé par la France à Mayotte est un « rejet de diverses déclarations internationales », et sa « revendication sur Mayotte est un développement de la colonisation ».
L’accession de Mayotte au statut de département français, si les citoyens l’approuvaient à la majorité absolue, comme bon nombre s’y attendent, permettrait aux insulaires d’acquérir certains avantages, notamment de percevoir des pensions, des allocations chômage et un salaire mensuel minimum de 400 dollars.
Contradiction avec la Charte de l’ONU
Mayotte est restée sous autorité française depuis l’indépendance en 1975, et son souhait de devenir un département a été exprimé pour la première fois il y a plus de 50 ans, lorsque les députés mahorais ont présenté un projet de loi demandant que Mayotte se voie conférer le statut de Département d’Outre-mer, selon une déclaration du ministère français de l’Intérieur, adressée à IRIN.
Les Mahorais jouissent d’un niveau de vie 10 fois supérieur aux Comoriens, ainsi que d’un accès à l’éducation et aux services médicaux pour tous, selon le ministère. En avril 2008, le Conseil général de Mayotte aurait approuvé à l’unanimité la tenue du référendum.
Mayotte est un véritable pôle d’attraction pour les Comoriens en quête d’un emploi, et les femmes comoriennes entreprennent souvent le dangereux périple qui les mène sur l’île pour y accoucher — bien qu’il soit estimé que des centaines d’entre elles ont péri en chemin — et s’assurer que leurs enfants auront le droit d’acquérir la citoyenneté française et européenne.
« Cette mascarade de référendum [à Mayotte] est nulle et non avenue pour les Comores. Les Comores ont été acceptées au sein des Nations Unies en tant qu’archipel composé de quatre îles », a fait remarquer M. Said Bacar, porte-parole du gouvernement de l’Union.
Pour M. Ayangafac, le référendum de Mayotte « est légal, mais pas légitime. Il n’est pas légitime car il bafoue [la résolution] 1514 [(XV), des Nations Unies] ». L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 1514 (XV) en 1960, alors qu’une vague de décolonisation commençait à déferler sur le monde.
La résolution stipule que « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies ».
La France a fait fi des revendications des Comores en les mettant devant le fait accompli. « La possibilité d’une départementalisation de Mayotte doit être soumise à l’approbation des Mahorais, en vertu de la Constitution française... Il ne s’agit pas d’un référendum, mais d’une consultation populaire », selon les déclarations du ministère de l’Intérieur.
« La consultation populaire de mars 2009 n’est pas un nouveau vote permettant de déterminer si Mayotte devrait ou non appartenir à la France ; l’appartenance de Mayotte à la République française a été garantie dans la Constitution lorsque Mayotte a été incluse dans la liste des "collectivités d’outre-mer" françaises, en vertu de l’Acte constitutionnel du 28 mars 2003 ».
L’étonnement de Paris
Le ministère a exprimé un certain étonnement face à l’indignation du gouvernement comorien au sujet du référendum de Mayotte : en septembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy et le président Sambi avaient en effet formé un groupe de travail de haut niveau chargé de « chercher un moyen consensuel, calme et constructif d’encadrer et de développer des relations centrées sur le développement entre Mayotte et l’Union des Comores ».
Ce partenariat, a expliqué le ministère, avait pour avantages, entre autres, de permettre le développement de la coopération économique et commerciale entre les îles, et notamment « le ravitaillement de Mayotte en produits frais aux Comores plutôt qu’en Europe », l’apport d’une aide éducative, et la signature de deux accords sur la santé.
« Etant donné que la revendication de souveraineté de Moroni [capitale des Comores] sur Mayotte est unanimement soutenue par la classe politique dans son ensemble, les autorités comoriennes ne peuvent pas y renoncer. Toutefois, la détermination des Mahorais à n’être pas Comoriens étant tout aussi inflexible, toute décision en ce sens serait matériellement impossible, quel que soit le souhait du gouvernement français », selon le ministère.
La rupture récente, par les Comores, du statu quo accepté consistant à reporter la « question comorienne de Mayotte » à plus tard dans l’agenda de l’Union africaine constitue, de l’avis du ministère, « un pas en arrière, difficile à comprendre ».
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Messages
3 mars 2009, 17:23
Comme le faisait remarquer fort justement Mr A. ORAISON sur ce site, il y a quelques semaines, la solution au "différend" franco-comorien, sur la "fameuse question de Mayotte", se trouve entre les mains des Mahorais et des Comoriens. La stratégie adoptée par les gouvernements comoriens successifs depuis 1975 consistant à aller se plaindre dans tous les palais et palaces du monde s’est révélée complètement inopérante. Elle n’a abouti qu’à une radicalisation des positions de part et d’autre, avec l’éloignement inéxorable de Mayotte des Comores : inscription de Mayotte dans la constitution française assortie d’un projet de départementalisation de l’île à court terme. Quelque soit l’évolution que prendra ce dossier, il paraît urgent et indispensable qu’un travail de rapprochement entre l’Union des Comores et Mayotte soit mené dans l’intérêt de tous. Et le groupe de travail de haut niveau préconisé par les Présidents Sambi et Sarkozy allait permettre le dialogue direct entre les dirigeants Mahorais et Comoriens. Mais visiblement les puissants lobbies, comprenant notamment des membres influants de la diaspora comorienne, opposés à tout principe de dialogue entre les 2 parties, ont visiblement réussi à enterrer ce projet. Dommage !
3 mars 2009, 20:31, par Lawson
Les gouvernement comoriens ne font pas que se plaindre, ils agissent pour développer le pays. Il s’avère que la France apparaît de plus en plus hors du coup dans l’océan Indien : renvoi de l’ambassadeur de France à Madagascar, visites d’un responsable militaire américain puis du président iranien aux Comores, visite du président chinois à Maurice... Le gouvernement comorien regarde vers d’autres horizons que l’ancienne puissance coloniale, et c’est avec le développement du pays que pourra se régler le différend. Car si le niveau de vie dans l’Union des Comores est équivalent de celui de Mayotte, tout changera, et la décolonisation de l’archipel sera vraiment accomplie.
4 mars 2009, 12:39, par Souk KHAN
Je trouve, Lawson, que vous faîtes preuve d’un optimisme tout à fait délicieux.
L’Union des Comores a, en effet, toujours bénéficié de soutiens financiers assez importants de la part de ses différents partenaires. Mais le problème est que les impacts sur la situation et le développement du pays sont invisibles. C’est à se demander où passent toutes ces aides.
Tous les dirigeants comoriens successifs ont toujours promis des lendemains enchantés à leurs compatriotes. Et Sambi (...) ne fait pas exception à la règle. Sauf que depuis son élection, l’essor économique tant attendu se fait toujours attendre. Pire encore, la situation semble s’être détériorée. Et les kwassas de plus en plus nombreux affluent vers les côtes mahoraises.
Alors, le jour où le miracle économique comorien aura lieu, n’hésitez pas à nous faire signe !
4 mars 2009, 14:05, par boinali
on peut être d’accord sur le fait que c’est le développement des îles qui feront baisser les tensions entre Mayotte et les Comores,certes. Mais faire visiter des présidents n’est pas non plus la solution au développement des Comores. Cette histoire est assez connue, la vrai question c’est qui qui tire profit des richesses distribuées aux Comores ? Vous savez les comoriens ne sont pas assez courageux pour répondre à cette question ? Donc il ne pourront pas traiter les problèmes des comores,encore moins celui de Mayotte, hélas !.
4 mars 2009, 14:53, par Lawson
Auriez-vous en votre possessions des chiffres pour étayer votre raisonnement ?
4 mars 2009, 14:54, par Lawson
Quelles sont d’après vous les richesses distribuées aux Comores et qui en tire profit ?
5 mars 2009, 21:05, par zaidou
En droit international la France est coupable de crime contre l’humanité. Depuis l’instauration du visa Balladur en 1994 appelé visa de la mort, plus de 6000 comoriens ont péri dans le bras de mer séparant Mayotte d’Anjouan, l’île la plus proche de Mayotte. Proportionnellement à la population française, cela correspondrait à 600 000 morts français. La plupart ce sont des personnes voulant rejoindre leurs proches (enfants, conjoints) après avoir été expulsées de Mayotte par l’occupant. Au lieu de se retirer de l’île comorienne de Mayotte et respecter ainsi la souveraineté des Comores, la France s’apprête à organiser une autre consultation pour s’emparer définitivement de Mayotte. Dans les actualités du jour (aujourd’hui), le président soudanais Omar al-Bachir vient de déclarer : « Les véritables criminels, ce sont les leaders des Etats-Unis et de l’Europe » au lendemain du mandat d’arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour. Quand à la France, elle « rappelle son soutien à la justice pénale internationale. Elle demande instamment au Soudan de coopérer pleinement avec la CPI pour la mise en oeuvre des décisions prises par les juges ».
R. Gislaine
suite : http://wongo.skyrock.com/
8 mars 2009, 13:15, par JMT
R5 :
c) relations ultérieures entre les deux entités : dès lors que Mayotte sera organisée comme n’importe quel département français, n’importe quel voyageur muni d’un visa en bonne et due forme et sous réserve que soit vérifié son départ effectif à la fin du visa, pourra venir visiter Mayotte... sous réserve de réciprocité pour les mahorais, en utilisant un moyen de transport public (bateau ou avion).
Et comme on l’a dit, rien n’est irréversible en matière d’autodétermination. Si dans quelques années, les mahorais sont fatigués de faire partie de la république française, ils pourront toujours solliciter par un référendum de la quitter et soit d’etre indépendants soit de rejoindre les 3 autres iles comme partie constitutive ou comme état associé, le choix dépendant essentiellement de la possibilité pour l’ile de générer un revenu suffisant pour ses habitants. Pas facile mais pas impossible !
Je sais que cette position va en faire bondir certains mais il est temps après 35ans de tango de sortir enfin le la gestion des problemes par les ressentis affectifs, politique compassionnelle et pensée magique. Les états sont des monstres froids qui n’ont pas d’amis mais des intérêts, les Comores comme la France. Les populations sont prises en otages et manipulées pour supporter ces intérêts sans que jamais on ne se soit intéressé à LEUR intérêt direct et immédiat .
8 mars 2009, 12:33, par JMT
On peut faire dire tout et son contraire au droit international. "Les" Comores n’ont jamais existé en tant qu’état unitaire organisé c’est bien ce qui a permis à la France en 1843 d’acquérir Mayotte....bien avant que les sultans régnant sur les autres iles finissent par céder leurs droits contre de l’argent. Au départ de tout il n’y a finalement, comme très souvent qu’une banale histoire de fric.
Les décisions de l’OUA puis de l’OEA sur "l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation" est une pure connerie décidée à titre transitoire qui dure depuis 50ans bientot pour éviter de poser la question de l’artificialité des territoires coloniaux ayant découpé des groupes humains ayant vécu ensemble pendant des siècles, voire des états constitués. C’est un abus manifeste que de considérer que la situation de Mayotte reléve de ce principe.
C’est la France qui a créé une administration centralisée de la colonie des Comores puis du territoire d’outre-mer en 1958 dont Dzaoudzi était la capitale. Des particularismes se sont développés qui ont donné lieu à des oppositions que certains ont évidemment encouragées Ces oppositions se sont amplifiées quand la capitale est partie dans les années 1960 à Moroni, en Grande Comore,choix "rationnel" (proche de la tres grande majorité de la population...en 1974 Mayotte avait 40.000 hab contre plus de 300.000 pour les trois autres iles)mais vécu par les Mahorais comme un affront, une perte de prestige et d’avantages économiques.
8 mars 2009, 12:40, par JMT
R2/ Ces oppositions se sont amplifiées quand la capitale est partie dans les années 1960 à Moroni, en Grande Comore,choix "rationnel" (proche de la tres grande majorité de la population...en 1974 Mayotte avait 40.000 hab contre plus de 300.000 pour les trois autres iles)mais vécu par les Mahorais comme un affront, une perte de prestige et d’avantages économiques. Lors de l’indépendance et du référendum, sur des inimitiés collectives sont venus s’ajouter l’ambition de certains ayant vu tout l’intéret de devenir "chef" en restant français, et aussi des intérêts économiques, diplomatiques, militaires. Par très difficile de convaincre la population de bien voter. La seule question qui vaille est : les mahorais ont-ils été lésés par ce choix ou pas ? personnellement je pense que non.
Les autres iles ont-elles un "droit" sur Mayotte ? dans un régime démocratique, les territoires s’autoadministrent et si Mayotte ne veut pas faire partie d’un état comorien, les autres iles ne peuvent que le regretter mais n’ont strictement aucun droit pour l’y obliger. Elles ne peuvent même pas arguer d’avoir financé Mayotte ou autre argument économique.
Est-ce que ca pose un problème aux 3 autres iles d’être séparées de Mayotte ? Normalement non, elles forment une entité économique continue, viable physiquement et économiquement, Mayotte n’étant qu’un tout petit appendice éloigné à l’est.
23 mars 2011, 11:32, par ezare
mayotte et une île tres petit pas tre connue mayotte a choissie de devenir frncais et on chanjer conpleteemen de drapeaux
23 mars 2011, 11:33, par ezare
pourcoi il nom pas voulu rester des mayoreé comme mopi je sui da core mais pourcoi ?
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