Monde

« Qui suis-je ? Que dois-je faire ? »

“Alon filozofé” ... !*

Roger Orlu / 18 mai 2007

Lundi soir, Tempo a diffusé un compte-rendu très intéressant du 1er colloque des intellectuels et artistes noirs qui s’est tenu à la Sorbonne en septembre 1956. Ce “Bandung des intellectuels” a eu lieu 16 mois après la 1ère conférence internationale des pays du Tiers-monde organisée dans la grande ville indonésienne.
Lors de cette rencontre historique entre les écrivains africains et ceux de la diaspora africaine, soutenue par des philosophes et des artistes européens comme Jean-Paul Sartre et Pablo Picasso, on a pu entendre le poète et militant anti-colonaliste martiniquais Aimé Césaire poser cette question fondamentale : « Qui suis-je ? Que dois-je faire ? ». Et lancer cet appel : « Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’Histoire ! ».

Cinquante et un ans après, cette question et cet appel nous interpellent toujours, quand on voit les tragédies subies chaque jour par les peuples du Tiers-monde. Ceux-ci sont victimes de la loi de la jungle instaurée par le tout-marché mondial sous l’égide de l’OMC et ils sont les principales victimes du réchauffement de la planète, conséquence d’un mode de développement inhumain.
Selon une étude récente de l’ONU, ce système fait que 2% de l’humanité possèdent 50% des richesses de la planète. Un documentaire autrichien sorti sur les écrans à la fin du mois d’avril, “We Feed the World : le marché de la faim”, dénonce les multinationales qui, au mépris du coût écologique et humain, s’assurent un maximum de profits.

Dans ces conditions, on comprend ce cri de colère de Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation : « Étant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficultés. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné ».
Devant un tel crime contre l’humanité, nous ne pouvons que nous sentir concernés à La Réunion par cette réflexion de Frédéric Delorca, juriste, responsable du blog atlasalternatif.over-blog.com : « Il est nécessaire de tenir à jour, avec le concours d’intellectuels et de militants venus d’horizons culturels variés, et de tous les continents, des “états du monde alternatifs” synthétiques qui retracent, dans chaque région du monde, l’historique de l’hégémonisme des pouvoirs occidentaux du point de vue des peuples qui le subissent, ainsi que les perspectives mondiales de résistance ».

Roger Orlu

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  • il y a un réel enjeu sur la place de notre agriculture. nos politiques nous disent qu’il faut se protéger avec des barrières douanières imposées sur certains produits brésiliens ou argentins. mais chacun sait que par exemple la viande brésilienne est destinée aux marchés porteurs (Indonésie...) en développement et non aux pays occidentaux qui pronent une baisse de la consommation de viande.
    on importe des céréales de pays tiers pour l’alimentation de nos animaux alors que nos productions céréalières subventionnées par les aides européennes sont destinées majoritairement à la production énergétique. dans ces même pays tiers, les matières premières sont devenues inabordables pour le consommateur local. pendant ce temps, nos éleveurs laitiers jettent du lait pur respecter des quotas laitiers et toucher leurs aides, les viticulteurs touchent des primes pour arracher des pieds, des céréaliers reçoivent des aides pour mettre des surfaces en jachère.
    mais le pire est bien à venir avec une ministre de l’agriculture devennue celle de la pac et de l’omc, avec comme porte parole la fnsea...

    Voir en ligne : à ne rien y comprendre

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