La Réunion concernée

Réparations à l’Afrique : une dynamique panafricaine en construction

23 janvier, par Manuel Marchal

Colonialism Reparation salue l’engagement croissant de l’Union africaine, de plusieurs États membres et d’organisations non gouvernementales africaines en faveur des réparations pour les crimes du colonialisme. Cette dynamique concerne aussi La Réunion, plus ancienne colonie française d’Afrique, dont l’histoire et la population sont directement liées aux injustices coloniales.

La question des réparations pour les crimes du colonialisme connaît une avancée significative sur le continent africain et au sein de sa diaspora. Colonialism Reparation se félicite de voir l’Union africaine (UA), plusieurs de ses États membres ainsi que des organisations non gouvernementales africaines s’engager de manière plus affirmée pour la justice envers les Africains et les personnes d’ascendance africaine.

Au niveau continental, l’Union africaine a franchi une étape majeure entre le 10 et le 13 juillet 2025 lors de la Septième réunion de coordination interannuelle. Le Conseil exécutif de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement a décidé d’inscrire la question des réparations dans une perspective de long terme, en l’étendant à une décennie allant de 2026 à 2036. Cette décision marque la volonté d’ancrer les réparations comme un axe structurant des politiques africaines. Le Parlement panafricain a réaffirmé cet engagement le 24 juillet 2025, dans le cadre du thème de l’année : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ». Plusieurs rencontres de haut niveau ont ensuite consolidé cette orientation, notamment le dialogue sur justice et réparations, le sommet Afrique–CARICOM et la conférence sur la politique foncière en Afrique.

Les États membres ont également joué un rôle clé. Le Sénégal, l’Algérie, le Togo et le Ghana ont organisé en 2025 des rencontres majeures autour de la mémoire, des crimes coloniaux, du panafricanisme et de la diaspora. Ces initiatives traduisent une prise de conscience politique et historique croissante de la nécessité d’aborder le passé colonial pour construire un avenir plus juste.

Cette dynamique ne concerne pas uniquement le continent africain. La question des réparations touche aussi La Réunion, plus ancienne colonie française d’Afrique, dont l’histoire est profondément marquée par l’esclavage, l’engagisme et la colonisation. Les populations réunionnaises, en grande partie issues d’Afrique et de la diaspora africaine, sont directement concernées par les revendications de justice, de reconnaissance et de réparations. La démarche engagée par des organisations demandant l’interpellation des parlementaires de La Réunion s’inscrit pleinement dans ce cadre panafricain et diasporique.

Parallèlement, la mobilisation des organisations non gouvernementales africaines s’est intensifiée. De rencontres virtuelles à des conférences, marches, festivals et travaux de recherche, la société civile a multiplié les actions à Abidjan, Dakar, Douala, Accra, Nairobi et au-delà. Cette mobilisation témoigne d’un enracinement populaire de la revendication des réparations, dépassant le seul cadre institutionnel.

Colonialism Reparation salue ces avancées et appelle à une implication encore plus large. L’organisation espère que de nombreuses autres ONG africaines, mais aussi internationales, rejoindront ce mouvement afin de faire des réparations un véritable projet collectif, incluant l’Afrique, sa diaspora et des territoires comme La Réunion, au service de la justice historique, de la dignité et du développement des peuples concernés.

M.M.

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