Monde

Répression féroce des mouvements progressistes depuis le coup d’Etat en Bolivie

Lutte pour le respect de la démocratie

Mathieu Raffini / 28 août 2020

Suite à un coup d’Etat en novembre dernier qui a poussé à l’exil le président Morales, issu du MAS (Mouvement vers le socialisme-Instrument politique pour la souveraineté des peuples) - qui comme son nom l’indique est un mouvement regroupant la plupart des organisations progressistes de Bolivie - un gouvernement d’extrême-droite, proche des États-Unis a été mis en place.

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Officiellement, ce coup d’Etat s’appuyait sur des observations de l’Organisation des États Américains parlant de fraude électorale en faveur de Morales à l’issue du premier tour des présidentielles. Le principal problème de ces observations est que l’OEA n’est pas neutre, étant en effet historiquement très proche du gouvernement des États-Unis. Ces observations sur les élections ont par ailleurs été démenties par le M.I.T, qu’on ne pourrait accuser d’être de connivence avec un mouvement appelant à construire le socialisme en Bolivie.

35 morts et 833 blessés

Appuyés par l’armée, les organisateurs du putsch ont donc pu prendre le contrôle du pays.
Depuis, et malgré de nombreuses promesses de remise en place d’élections démocratiques dans les mois suivant ce coup d’Etat, la répression envers le MAS se fait chaque jour de plus en plus forte, certains parlant même de l’interdiction de ce mouvement en vue de l’échéance électorale d’octobre prochain.
Mais cela n’est pas tout : en effet, depuis le coup d’Etat, les syndicalistes ouvriers, les mouvements paysans, les peuples autochtones, bref tous les mouvements progressistes connaissent chaque jour la répression, assumée au plus haut niveau de l’Etat bolivien. Ne serait-ce qu’à l’issue de ce coup d’Etat, ce sont près de 35 personnes qui ont été tuées et 833 blessées.
Cela est évidemment dû à l’orientation politique du gouvernement, proche des milieux catholiques intégristes, qui, comme cela a été le cas dans toutes les dictatures appuyées par les États-Unis se basent sur la répression féroce des mouvements progressistes et des peuples autochtones, se posant ainsi par exemple en « civilisateurs des sauvages » amérindiens.

Gouvernements occidentaux complices

Les pays occidentaux comme les États-Unis, mais aussi la France étant de facto alliés à ce gouvernement d’extrême-droite, qui comme les tentatives de déstabilisation du Venezuela, fragilisent les positions des mouvements progressistes qui sont historiquement solidement ancrés en Amérique Latine. Nous ne verrons évidemment aucune condamnation de leurs gouvernements ou de leurs titres de presse majoritaires concernant les exactions de ce gouvernement illégitime.
Et ce alors même que la cheffe des Droits de l’Homme de l’ONU parle de violences de la part de ce gouvernement.
C’est pourquoi il est plus que temps que les Réunionnais soient mis au courant de la situation gravissime que connait ce pays, et participent à faire en sorte qu’il y ait un prochain retour de la paix et de la démocratie en Bolivie.

Mathieu Raffini