Plus de 350 000 sans-abri à New-York

Rêve américain en ruines et faillite de l’Occident : pauvreté, militarisation et menace fasciste

24 novembre 2025, par Manuel Marchal

À New York, plus de 350 000 sans-abri incarnent l’effondrement du rêve américain. Plutôt que d’agir sur le logement ou la pauvreté, Trump choisit la force : envoyer l’armée dans les villes qui ne lui sont pas favorables. Depuis l’impunité de la tentative de coup d’État du 6 janvier 2021, le danger fasciste grandit. Militariser la misère, c’est remplacer la solidarité par la peur : un glissement inquiétant pour la démocratie.

À New York, symbole flamboyant du rêve américain, la réalité de 2025 ressemble à une fracture béante : plus de 350 000 personnes sans-abri, un record depuis la Grande Dépression. Dans les rues, les files devant les refuges disent l’effondrement d’un modèle qui promettait ascension sociale et sécurité. La crise du logement s’aggrave, les loyers s’envolent, et les filets sociaux s’effilochent. Mais le drame humanitaire n’est qu’une partie du tableau.

Face à cette situation, Donald Trump, revenu au pouvoir, a choisi une stratégie radicale : envoyer l’armée dans des villes jugées hostiles politiquement. Plutôt que de renforcer les aides au logement, les protections sociales ou les programmes de santé , il propose la militarisation d’espaces urbains déjà en tension. Cette réponse, qui présente la pauvreté comme un problème d’ordre public, traduit un glissement inquiétant : la substitution de la force à la politique sociale.

Danger fasciste avec l’extrême droite au pouvoir

Ce tournant est inséparable d’un précédent encore plus lourd : l’impunité qui a suivi la tentative de coup d’État du 6 janvier 2021. L’assaut contre le Capitole a montré la vulnérabilité des institutions américaines, mais l’absence de sanctions politiques fortes à l’égard de ses instigateurs a envoyé un signal dangereux : on peut défier l’État de droit sans être durablement écarté du pouvoir. Dans cet espace laissé vacant, une dynamique autoritaire s’est installée.
Aujourd’hui, lorsque Trump menace d’utiliser l’Insurrection Act, promet de « reprendre » les villes démocrates ou traite ses opposants comme des ennemis intérieurs, ces mots pèsent plus lourd. Ils s’inscrivent dans une trajectoire où les frontières de la démocratie ont déjà été testées — et partiellement franchies. Militariser la réponse à la pauvreté n’est alors pas un accident, mais la manifestation d’une vision où le pouvoir se maintient par la contrainte, et non par la persuasion ou la justice sociale.

Ainsi, le rêve américain ne s’effondre pas seulement sous le poids de la misère, mais sous celui d’un projet politique qui transforme la vulnérabilité sociale en prétexte à la coercition. Dans les rues de New York, où des milliers de pauvres dorment dans des parcs et des stations de métro, c’est une autre question qui surgit : comment défendre l’idée même de démocratie quand la pauvreté devient un champ de bataille et que l’armée est utilisée pour régler ce que la solidarité devrait réparer ?

M.M.

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