Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
4 août 2004

Par millions, les criquets pélerins venus de Mauritanie continuent d’envahir le Sénégal, à partir de la zone frontalière de Matam qui est une riche zone de culture du riz. Alors que, avec l’aide de techniciens venus de Taïwan, des procédés d’amélioration des rendements ont été mis en œuvre ces derniers temps, les invasion d’acridiens risquent de ruiner tous ces efforts.
Le Service Régional de Protection des Végétaux indique que ses techniciens, bien que travaillant 24 heures sur 24, seraient déjà complètement débordés s’ils ne recevaient pas le secours des tous les habitants car, depuis la fin de la semaine dernière, des vagues de criquets s’abattent sur de vastes zones avec une désespérante régularité.
Toute la région, dévastée du fait de la voracité des criquets, se trouve désormais infestée par les millions d’œufs que les acridiens y ont pondus. Or les techniciens du Service Régional de Protection des Végétaux sont en nombre insuffisant, d’une part et, d’autre part, ils ne disposent pas des produits appropriés pour empêcher l’éclosion de ces dizaines de millions d’œufs, véritables bombes à retardement. Il leur faut donc attendre l’éclosion de ces œufs pour passer à l’action avec des produits appropriés.
Toute la population s’est spontanément mobilisée. Des groupes de villageois sont venus prêter main-forte aux paysans. Armés de branchages, ces groupes avancent en frappant le sol. Chaque coup tue plusieurs centaines d’insectes.
La lutte ainsi engagée permet d’obtenir de spectaculaires résultats. En témoignent les tas impressionnants de cadavres de criquets amassés tant au bord des routes qu’en plein champ ou encore les véritables "ilôts" d’insectes morts charroyés par les cours d’eau en crues. Mais cela ne saurait pourtant suffire tant sont denses les nuages de criquets. Une évidence s’impose à tous : quelle que soit la bonne volonté de chacun, quels que soient les moyens mis en œuvre, ils demeurent insuffisants face à l’ampleur du fléau.
Bien qu’ils aient le sentiment de participer à une lutte sans fin, personne ne songe à renoncer. Chacun sait qu’il lui faut disputer chaque pouce de terrain aux envahisseurs pour tenter de sauver qui une tige de riz, qui un grain de maïs fraîchement mis en terre, qui une pousse de tomate tout juste éclose, car l’invasion fait peser sur toute cette région la menace de la famine.
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