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"Le vide laissé par les autres finit par être comblé presque instantanément par les BRICS"
7 juillet 2025, par

Les dirigeants du groupe des BRICS ont condamné les attaques contre l’Iran, Gaza et le Cachemire lors de leur sommet le 6 juillet, présentant le bloc comme un défenseur de la diplomatie multilatérale, et critiquant indirectement la politique militaire et commerciale des États-Unis.
Lors de son discours d’ouverture du sommet, à Rio de Janeiro, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a établi un parallèle entre le bloc BRICS et le mouvement des non-alignés de la guerre froide, un groupe de nations en développement qui refusaient de rejoindre l’un ou l’autre camp d’un ordre mondial polarisé.
"Les BRICS sont les héritiers du mouvement des non-alignés", a déclaré le président brésilien aux dirigeants présents, prévenant que "le multilatéralisme étant attaqué, notre autonomie est à nouveau mise à l’épreuve".
Les pays des BRICS représentent aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale et 40% de sa production économique, a indiqué Luiz Inacio Lula da Silva dans les remarques qu’il a adressées le 5 juillet à des chefs d’entreprise pour les mettre en garde contre la montée du protectionnisme.
Une alternative aux organisations internationales occidentales
Concrètement, avec l’ajout de six nouveaux membres en 2024 (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Égypte, Éthiopie, Indonésie et Iran), la part des BRICS dans le PIB mondial (en PPA, aux taux actuels) a augmenté à environ 39 % en 2023. De plus, en 2024, le FMI prévoit que tous les pays BRICS auront présenté une croissance économique positive, avec des taux variant entre 1,1% et 6,1%
Le premier groupe BRICS a réuni les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine lors de son premier sommet en 2009. L’Afrique du Sud s’est ensuite ajoutée au bloc et en 2024, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis en sont devenus membres. De plus, il s’agit du premier sommet des dirigeants auquel participe l’Indonésie.
"Le vide laissé par les autres finit par être comblé presque instantanément par les BRICS", a déclaré un diplomate brésilien à Reuters, qui a demandé à rester anonyme. Bien que le G7 concentre toujours un pouvoir considérable, a ajouté le diplomate, "il n’a plus la prédominance qu’il avait autrefois".
Toutefois, des points épineux persistent comme les objectifs communs d’un groupe BRICS de plus en plus hétérogène, qui s’est élargi pour inclure des rivaux régionaux, ainsi que de grandes économies émergentes.
Le président chinois Xi Jinping a choisi d’envoyer son premier ministre à la place du président chinois, réduisant l’envergure du sommet. De son côté, le président russe Vladimir Poutine n’y a assisté qu’en ligne en raison d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.
Toutefois, plusieurs chefs d’État, dont le premier ministre indien, Narendra Modi, et le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, se sont réunis pour des discussions au Musée d’art moderne de Rio.
Plus de 30 pays ont exprimé leur intérêt à participer aux BRICS, soit en tant que membres à part entière, soit en tant que partenaires.
Des complexités émergent
L’expansion des BRICS a mit en évidence l’ampleur de ce bloc, voué pour de nombreux observateurs occidentaux à l’échec. Pourtant, une entente a émergé auprès de ces pays, aussi divers et variés : parler au nom des pays en développement, renforcer les appels à la réforme de certaines institutions internationales comme le Conseil de sécurité des Nations unies et le Fonds monétaire international.
"Si la gouvernance internationale ne reflète pas la nouvelle réalité multipolaire du XXIe siècle, il incombe aux BRICS de contribuer à sa mise à jour", a déclaré le président Lula, soulignant l’échec des guerres menées par les États-Unis au Moyen-Orient.
Dans une déclaration commune, les dirigeants ont condamné les attaques militaires contre "les infrastructures civiles et les installations nucléaires pacifiques de l’Iran placées sous les garanties intégrales de l’Agence internationale de l’énergie atomique".
Le groupe a exprimé sa "vive inquiétude" pour le peuple palestinien face aux attaques israéliennes contre Gaza et a condamné l’"attaque terroriste" au Cachemire lancée par l’Inde.
Concernant le commerce, la déclaration commune met en garde contre "l’augmentation aveugle des droits de douane" qui menace le commerce mondial, poursuivant ainsi la critique voilée de la politique tarifaire américaine sous la présidence de Donald Trump, comme lors de la réunion ministérielle d’avril où ils avaient mis en garde contre "des mesures protectionnistes unilatérales injustifiées, incluant l’augmentation indiscriminée des droits de douane réciproques".
Le groupe a exprimé son soutien à l’Éthiopie et à l’Iran pour qu’ils rejoignent l’Organisation mondiale du commerce, tout en appelant à restaurer d’urgence sa capacité à résoudre les différends commerciaux.
La déclaration commune a annoncé son soutien aux plans visant à piloter une initiative de garanties multilatérales des BRICS au sein de la Nouvelle Banque de Développement du groupe. Le but est de réduire les coûts de financement et de stimuler les investissements dans les États membres, comme l’a d’abord rapporté Reuters la semaine dernière.
Source : Chine-Magazine.Com
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