Les 12 et 13 septembre 2026 en Inde

Sommet des BRICS 2026 : et si La Réunion regardait vers son océan ?

10 septembre, par Risham Badroudine

Les 12 et 13 septembre 2026, New Delhi accueille le 18e sommet des BRICS sous la présidence de l’Inde. Plus qu’une réunion diplomatique, cet événement symbolise une transformation profonde de l’économie mondiale : le centre de gravité de la croissance se déplace progressivement vers les économies émergentes. Il y a vingt ans, les BRICS représentaient avant tout une promesse. Aujourd’hui, ils constituent une réalité économique incontournable.

Un nouvel équilibre mondial

Avec l’élargissement du groupe, les BRICS rassemblent désormais 11 pays, dont l’Inde, la Chine, le Brésil, la Russie, l’Afrique du Sud, les Émirats arabes unis, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran et l’Arabie saoudite.
Leur poids est considérable :
• près de 46 % de la population mondiale ;
• environ 41 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat (PPA) ;
• près d’un quart du commerce mondial ;
• des réserves de change parmi les plus importantes au monde.
À titre de comparaison, les BRICS dépassent désormais le G7 en poids économique mesuré en PPA (Parité de Pouvoir d’Achat), une évolution qui illustre le rééquilibrage progressif des puissances économiques mondiales.

Une réalité qui concerne directement La Réunion

Pour La Réunion, cette évolution n’est pas un simple sujet de géopolitique. C’est une question de stratégie économique.
En effet, La Réunion est située au cœur de l’océan Indien, à proximité immédiate de certaines des économies les plus dynamiques de la planète.
Les échanges économiques réunionnais sont essentiellement structurés autour de la France et de l’Europe.
Aujourd’hui, elle ne peut plus être exclusive. L’enjeu consiste à renforcer les coopérations économiques avec les pays de l’océan Indien.
Cela suppose d’investir davantage dans les relations avec l’Inde, Maurice, Madagascar, les Seychelles, ou encore les pays du continent africain, notamment dans les domaines du numérique, de la santé, de l’agroalimentaire, des énergies renouvelables, de l’économie bleue ou de l’innovation.
Mais être proche ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir échanger facilement. Les entreprises ont besoin de rencontrer leurs partenaires, les étudiants de circuler entre les universités, les chercheurs de collaborer, les investisseurs de découvrir le territoire et les touristes de voyager plus simplement.
Paradoxalement, les ressortissants des pays de l’océan Indien et notamment des économies les plus dynamiques de notre environnement régional continuent de se heurter à des conditions d’entrée à La Réunion souvent trop contraignantes. Cette logique s’est même durcie avec la suppression, depuis le 1er juillet 2026, de l’éligibilité aux APL (Aides Personnalisées au Logement) pour les étudiants extra-européens non boursiers titulaires d’un titre de séjour étudiant.
Il est désormais nécessaire de bâtir une politique de visas mieux adaptée aux mobilités régionales. Les formalités consulaires ne doivent plus constituer un frein aux échanges économiques, universitaires, scientifiques et culturels, mais devenir un levier d’attractivité pour inscrire pleinement La Réunion dans la dynamique de son bassin régional.

Une opportunité pour le territoire

Le sommet des BRICS 2026 rappelle une évidence : le monde est devenu multipolaire.
Dans un monde où les équilibres économiques se redessinent, La Réunion a tout intérêt à faire de sa position géographique un avantage stratégique plutôt qu’une simple donnée de carte.

Risham Badroudine

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