Médecins Sans Frontières alerte

Soudan : les coupes dans l’aide internationale aggravent la crise sanitaire

12 septembre

Au Soudan, se faire soigner devient un luxe. Alors que la guerre a fait exploser les besoins humanitaires, la baisse des financements internationaux provoque la fermeture de structures de santé et contraint des milliers de personnes à parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres pour accéder aux soins. Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur une crise sanitaire qui s’aggrave, tandis que les établissements encore ouverts sont submergés par l’afflux de patients.

Photo : dans un hôpital au Soudan (Marie Burton/MSF )

Les conséquences de la baisse de l’aide internationale se font directement sentir au Soudan. Depuis la fin effective, en juin dernier, de nombreux financements accordés aux organisations humanitaires, plusieurs structures médicales ont fermé. Au Darfour central, 45 centres de soins primaires ont ainsi cessé de bénéficier d’un soutien en mai. Dans les établissements soutenus par MSF à Zalingei et Rokero, les admissions avaient pourtant augmenté de 22,5 % entre janvier et avril 2026 par rapport à la même période de 2025.

« Fermer une clinique ne fait pas disparaître un patient »

Dans le camp de Tanedba, qui accueille 18 400 réfugiés, la fermeture d’une maternité et d’un service de chirurgie oblige désormais les femmes nécessitant une césarienne à parcourir trois heures de route. MSF a dû reprendre les urgences jusqu’à la fin de l’année.
« Fermer une clinique ne fait pas disparaître un patient », alerte l’organisation. Les malades se reportent vers les rares établissements encore ouverts, souvent déjà saturés. À Um Rakuba, le nombre d’organisations humanitaires est passé d’environ 35 en 2021 à moins de dix aujourd’hui.
Dans le camp de Hamidiya, la réduction des moyens a fait passer les consultations quotidiennes d’environ 200 à seulement 40 et les vaccinations ont cessé. Pour les familles du Darfour, le coût du transport vers un centre de soins peut représenter deux jours de salaire. L’accès aux soins devient alors un choix entre se soigner et acheter de la nourriture.
La situation sanitaire se dégrade également avec la hausse du paludisme et de la malnutrition. En août, MSF a admis 191 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition sévère ; près de 22 % étaient également atteints de paludisme.

L’aide humanitaire mondiale a chuté de 35,8 %

Dans le même temps, l’aide humanitaire mondiale a chuté de 35,8 %. Le plan des Nations unies pour le Soudan, qui nécessite 2,87 milliards de dollars, n’est financé qu’à 41 %. Selon l’ONU, 37 % des structures de santé du pays sont désormais totalement hors service et 825 000 enfants pourraient souffrir cette année de malnutrition aiguë sévère.
Pour MSF, les bailleurs doivent donc rétablir des financements suffisants et prévisibles afin d’éviter l’effondrement des derniers services essentiels.

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