Soudan : une famine et exode sans précédent alors que la guerre entre dans sa troisième année

9 août 2025

e conflit qui ravage le Soudan est désormais l’une des pires crises humanitaires du XXIᵉ siècle. Entrée dans sa troisième année, cette guerre oppose les Forces armées soudanaises (SAF) aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF), plongeant des millions de femmes, d’enfants et de familles déplacées dans la violence, la faim et l’effondrement des services essentiels.

Photo UNICEF/Osman Rajab

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près de 25 millions de personnes, soit la moitié de la populationsu Soudan, souffrent de niveaux extrêmes d’insécurité alimentaire. .Parmi elles, environ 5 millions d’enfants et de mères sont touchés par la malnutrition aiguë. Cette catastrophe intervient au moment où le chef de la Maison-Blanche a fermé USAID, bloquant l’aide humanitaire en provenance des USA ;Dix zones, dont le camp de Zamzam qui abrite 400 000 déplacés, sont déjà en situation de famine, et 17 autres risquent de basculer dans les prochains mois. « Tant que l’accès humanitaire est entravé, des dizaines de milliers de personnes mourront », prévient Shaun Hugues, coordinateur régional d’urgence du PAM.

La guerre, déclenchée le 15 avril 2023, a détruit les infrastructures vitales et paralysé plus de 80 % des hôpitaux dans les zones de combat. Les femmes et les filles sont confrontées à une vulnérabilité extrême : hausse des décès maternels, absence de soins et violences sexuelles utilisées de manière systématique comme arme de guerre. « Leur force est extraordinaire, mais elles ne doivent pas affronter seules cette crise », insiste Anna Mutavati, directrice régionale d’ONU Femmes.

Malgré les obstacles, l’aide humanitaire progresse : le PAM a triplé ses opérations depuis mi-2024 et ONU Femmes a soutenu plus de 15 000 femmes via des services essentiels, des formations et des espaces sécurisés. Mais ces avancées restent fragiles. L’arrivée imminente des pluies menace de rendre les routes impraticables, compliquant encore l’acheminement de l’aide. Le PAM, déjà contraint de réduire les rations jusqu’à moitié, a besoin de 650 millions de dollars pour maintenir ses opérations en six mois, et 150 millions pour aider les réfugiés soudanais dans les pays voisins.

Au-delà de l’urgence alimentaire, un message central se dégage : le Soudan a besoin de paix. « Il faut un cessez-le-feu et la fin des hostilités pour que la population puisse reconstruire sa vie », rappelle M. Hugues. ONU Femmes appelle à ce que les voix des Soudanaises soient entendues à chaque table de négociation, car « elles méritent non seulement de survivre, mais aussi la dignité de reconstruire et de prospérer ».

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