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par le Dr Raymond Vergès

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Ukraine : bases d’opération des alliés de l’OTAN dans des zones résidentielles

L’armée de l’oligarchie au pouvoir à Kiev utilise des boucliers humains -4-

mardi 9 août 2022


Des victimes et des témoins des frappes russes dans les régions du Donbas, de Kharkiv et de Mykolaïv ont dit aux chercheurs d’Amnesty International que l’armée ukrainienne menait des opérations près de leurs habitations au moment des attaques, ce qui exposait ces quartiers à des frappes de représailles des forces russes. Les chercheurs d’Amnesty International ont été témoins de ce comportement dans de nombreux endroits.


Militaires de l’armée d’Ukraine. (photo President.gov.ua, CC BY 4.0 <https://creativecommons.org/license...>
, via Wikimedia Commons)

« Le droit international humanitaire prévoit que toutes les parties à un conflit doivent éviter de positionner, dans toute la mesure du possible, des objectifs militaires dans des zones densément habitées ou près de ces zones. D’autres obligations existent visant à protéger les civils des conséquences des attaques, comme l’obligation d’éloigner les civils du voisinage d’objectifs militaires et l’obligation d’alerter efficacement sur des attaques qui risquent de nuire à la population civile. »

« Les militaires s’étaient installés dans une maison à côté de la nôtre »

« La mère d’un homme de 50 ans tué le 10 juin lors d’une attaque à la roquette dans un village au sud de Mykolaïv a dit à Amnesty International : « Les militaires s’étaient installés dans une maison à côté de la nôtre et mon fils allait souvent voir les soldats pour leur prendre de la nourriture. Je l’ai supplié plusieurs fois de rester à distance de cet endroit, parce que j’avais peur qu’il lui arrive quelque chose. Cet après-midi-là, au moment de la frappe, mon fils se trouvait dans la cour de notre maison et moi j’étais à l’intérieur de la maison. Il a été tué sur le coup. Son corps a été déchiqueté. Notre maison a été en partie détruite. » Les chercheurs d’Amnesty International ont trouvé de l’équipement et des uniformes militaires dans la maison d’à côté. »

« Pourquoi notre armée tire depuis les villes et non depuis la campagne » ?

« Mykola, qui habite dans une tour dans les environs de Lyssytchansk (Donbas) ayant subi plusieurs frappes russes qui ont tué au moins un vieil homme, a dit à Amnesty International : « Je ne comprends pas pourquoi notre armée tire depuis les villes et non depuis la campagne. » Un autre habitant, un homme de 50 ans, a dit : « Il y a vraiment une activité militaire dans le quartier. Quand il y a des tirs depuis ce secteur, on entend ensuite des tirs qui cette fois visent ce secteur ». Les chercheurs d’Amnesty International ont vu des soldats utiliser un immeuble d’habitation situé à une vingtaine de mètres de l’entrée d’un abri souterrain utilisé par les habitants, où le vieil homme a été tué.
Dans une ville du Donbas, le 6 mai, les forces russes ont utilisé des armes à sous-munitions, largement interdites et qui frappent sans discernement, contre une localité constituée principalement de maisons d’un ou deux étages, depuis laquelle les forces ukrainiennes procédaient à des tirs d’artillerie. Des éclats d’obus ont endommagé les murs de la maison où vivent Anna, qui a 70 ans, son fils et sa mère de 95 ans. »

« C’est nous qui payons le prix »

« À Bakhmout, plusieurs habitants ont dit à Amnesty International que l’armée ukrainienne avait utilisé un bâtiment situé à 20 mètres à peine d’une tour d’habitation, de l’autre côté de la rue. Le 18 mai, un missile russe a touché la façade de cet immeuble, détruisant partiellement cinq appartements et causant des dégâts à des bâtiments voisins. »
« Trois habitants ont dit à Amnesty International qu’avant cette frappe, les forces ukrainiennes avaient utilisé un bâtiment situé de l’autre côté de la rue par rapport à l’immeuble touché, et que deux camions militaires étaient garés en face d’une autre maison qui a subi des dégâts quand le missile a frappé. Les chercheurs d’Amnesty International ont trouvé des signes d’une présence militaire à l’intérieur et à l’extérieur de ce bâtiment, notamment des sacs de sable et des bâches de plastique noir recouvrant les vitres, ainsi que des équipements de premiers secours neufs fabriqués aux États-Unis.
« Nous n’avons pas notre mot à dire par rapport à ce que fait l’armée, mais c’est nous qui en payons le prix », a dit à Amnesty International un habitant dont la maison a également subi des dégâts à cause de cette frappe. »


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