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Les bases de l’armée ukrainienne annihilées en quelques heures sans aucune réaction concrète de Washington et de l’OTAN, et sans susciter de grandes manifestations patriotiques de la population
25 février 2022, par

Retour sur le contexte et la chronologie des événements du 24 février, date de l’offensive militaire russe visant officiellement à démilitariser l’Ukraine et à traduire devant la justice des responsables d’exactions contre la population du Donbass. C’est une pièce en 5 actes qui déterminent l’effondrement prévisible du pouvoir ukrainien qui vient de décréter la loi martiale pour tenter d’étouffer toute révolte, et qui se dénouera probablement par la fuite de ses dirigeants vers des pays de l’OTAN et la mise en place d’une Autorité de transition.
Malgré la réaffirmation de la Russie en tant que grande puissance politique et militaire, la situation sociale en Russie est difficile. C’est la conséquence d’une économie fragile contrôlée par un cercle d’oligarques, qui dépend fortement des exportations de matière première et du cours de ces dernières qui n’est pas fixé par la Russie. La monnaie nationale, le rouble, a été dévaluée. L’inflation est donc importante et emprunter coûte de plus en plus cher. La Banque centrale de Russie a relevé d’un point son taux directeur ce mois de février.
La crise COVID a agi comme un révélateur. Avec près de 350.000 morts recensés selon l’OMS, la Russie occupe le 4e rang mondial en termes de décès. C’est la conséquence de 30 ans de destruction des services publics au profit d’une minorité qui s’est considérablement enrichie. Si cette situation sociale était le centre du débat en Russie, cela ne pourrait que renforcer l’opposition avec le Parti communiste en tête.
L’extension de l’OTAN vers les frontières de la Russie, et la volonté affichée de Washington de faire basculer l’Ukraine dans cette organisation militaire sous commandement des États-Unis constituent une réelle menace pour la sécurité de la Russie. Cela a offert l’occasion au président russe de vouloir souder la population autour de sa personne en invoquant le thème de la défense de la patrie. Vladimir Poutine n’est pas le premier à agir de la sorte.
En 1982, Margaret Thatcher a utilisé la Guerre des Malouines pour renverser l’opinion ébranlée par les attaques contre les syndicats et la grève des mineurs afin d’assurer sa réélection. Plus près de nous en 2001, George W. Bush avait lancé la « croisade contre le terrorisme » pour faire oublier ce qui avait permis son élection l’année précédente : des fraudes massives dans l’État de Floride dirigé par son frère. Trois ans plus tard, l’armée américaine avait envahi l’Afghanistan et l’Irak, la guerre était générale et George W. Bush était réélu.
La semaine dernière, les bombardements de civils russophones par l’armée ukrainienne ont accéléré les événements. Ils ont provoqué la fuite de près de 100.000 réfugiés vers la Russie. Les conditions pour agir étaient favorables.
Ces dernières semaines, Washington a multiplié les déclarations belliqueuses en direction de la Russie. A en croire le gouvernement des États-Unis et ses alliés, si Moscou touchait à un cheveu de l’Ukraine, ce serait une guerre de grande ampleur. Mais cette argumentation était affaiblie dès le départ par le refus de Washington d’impliquer l’armée américaine dans l’affaire, préférant laisser ses alliés européens de l’OTAN en première ligne. Par ailleurs, les renseignements russes avaient récolté suffisamment d’éléments permettant d’anticiper la réaction de l’OTAN à une éventuelle opération militaire.
Rappelons également la dernière initiative du président ukrainien et la réponse de l’OTAN. Pendant que l’armée ukrainienne bombardait Donetsk la semaine dernière, il s’est rendu à la conférence de Munich pour demander un calendrier précis pour l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Cela n’a pas entraîné de changement de politique de l’OTAN qui n’a pas massé des troupes à la frontière de la Russie, ni envoyé de soldats en Ukraine, se contentant de ventes d’armes à l’efficacité relative dans ce contexte. Mettre en avant la vente de quelques drones de combat par la Turquie est révélateur de ce soutien : ce n’est pas cela qui peut changer un rapport de force militaire nettement défavorable à l’Ukraine seule face à la Russie.
Hier à 6 heures du matin (de Moscou), Vladimir Poutine fait une déclaration publique télévisée annonçant avoir ordonné une « opération militaire spéciale » pour « démilitariser l’Ukraine » ainsi que traduire en justice les auteurs d’exactions contre la population des Républiques de Donestk et de Lougansk. Le président russe a appelé également l’armée ukrainienne à déposer les armes. L’aviation russe venait de commencer à attaquer les bases militaires situées en profondeur sur le territoire de l’Ukraine.
Au même moment, il est 22 heures à Washington. La réponse du président des États-Unis a été la suivante : il a publié un communiqué de deux paragraphes appelant à prier pour l’Ukraine, condamnant l’opération militaire russe qualifiée « d’agression injustifiée » (il existerait donc des agressions justifiées !) et promettant des sanctions. Il a annoncé une prise de parole publique prévue à 12h30 heure de Washington (21h30 heure à Moscou). Puis il est parti dormir.
Les dirigeants ukrainiens s’attendaient sans doute à autre chose de la part d’un gouvernement américain qui les avaient jusqu’alors soutenus dans leur volonté d’adhérer à l’OTAN pour bénéficier du parapluie militaire US.
« Qui est prêt à se battre à nos côtés ? Je ne vois personne ? »
Tout au long de la journée, les réactions des membres de l’OTAN se sont alignées sur celle de Joe Biden. Elles ont quasiment toutes repris le terme « d’agression injustifiée » sans autre action concrète pendant que l’aviation russe détruisait méthodiquement toute capacité offensive de l’armée ukrainienne, et que l’armée russe prenait le contrôle de plusieurs de ces bases militaires.
Le sommet de l’OTAN a été annoncé pour aujourd’hui par visio-conférence, soit plus de 36 heures après le début des événements et tout soutien de troupes de l’OTAN à l’Ukraine était exclu, selon le secrétaire général de l’organisation. Les dés étaient jetés, Kiev savait donc à quoi s’en tenir. Ce qu’a confirmé le président ukrainien quand il a déclaré hier lors de son appel à la mobilisation générale : « qui est prêt à se battre à nos côtés ? Je ne vois personne. Qui veut nous soutenir pour adhérer à l’OTAN ? Tout le monde a peur »
Hier en fin d’après-midi, l’armée russe annonçait avoir détruit 74 bases militaires de l’armée ukrainienne ainsi que 18 bases aériennes de l’armée de l’air de ce pays et une base navale. Ces bombardements ont concerné des installations disséminées dans plusieurs régions du territoire ukrainien et ce sont donc concentrés sur des objectifs militaires sans viser des civils, conformément aux ordres donnés officiellement par Vladimir Poutine. Plusieurs de ces bases, dont une située à quelques kilomètres de la capitale ukrainienne Kiev, sont occupées par l’armée russe sans rencontrer une forte résistance.
La veille, le gouvernement ukrainien avait annoncé la mobilisation de toute l’armée de réserve, soit 200.000 hommes âgés entre 18 et 50 ans, pour faire face à une éventuelle invasion. Plusieurs centaines de milliers de soldats étaient donc sous les ordres de Kiev. Mais cette force s’est manifestement désagrégée en quelques heures. Ces soldats ne voulaient pas risquer leur vie, car ils ont compris rapidement que l’objectif de l’armée russe était les installations militaires, pas d’envahir le pays. Le bilan officiel ukrainien fait d’ailleurs part de pertes très limitées eu égard à l’ampleur de l’offensive : 137 morts pour la journée d’hier selon le président ukrainien.
L’armée ukrainienne a disparu des écrans de télévision
L’armée ukrainienne a totalement disparu des écrans des chaînes d’information occidentales. Ceci tend à confirmer les propos de l’armée russe qui affirme que les soldats ukrainiens négocient des corridors sécurisés pour se replier vers l’intérieur de l’Ukraine. L’armée russe indique également que les seuls combattants actifs sont des bataillons de nationalistes convaincus qui continuent de bombarder la population des Républiques du Donbass et s’opposent à l’avancée des forces de ces Républiques qui cherchent à reconquérir un terrain qu’elles estiment avoir perdu en 2014.
Manifestement, l’armée ukrainienne a lâché le pouvoir.
C’est là que se situe le seul éclair de lucidité à mettre au crédit de Washington depuis le début de l’opération militaire. Hier, un représentant de la Maison-Blanche a déclaré, sous couvert d’anonymat lors d’un briefing presse informel, que l’objectif de Vladimir Poutine était de « décapiter le gouvernement ukrainien ».
Dans sa déclaration hier matin, Vladimir Poutine a justifié l’offensive militaire par la « dénazification de l’Ukraine » et la traduction en justice d’auteurs suspectés de crime de guerre contre la population du Donbass. Pour cela, il dit ne pas avoir besoin d’utiliser une force d’invasion pour occuper l’Ukraine. La présence de soldats russes en Ukraine se limite à l’occupation de bases militaires ukrainiennes.
La « dénazification de l’Ukraine » signifie en clair mettre fin à un régime politique plus que tolérant vis-à-vis de la réhabilitation de criminels de guerre ukrainiens collaborateurs des nazis pendant la Seconde guerre mondiale, et obtenir la livraison d’auteurs suspectés de crime de guerre par des Ukrainiens.
Il faut remonter à 2010 pour une élection présidentielle en Ukraine, avec la participation des électeurs de Crimée et des Républiques du Donbass. Victor Ianoukovitch a été élu. La majorité des Ukrainiens avaient choisi un président russophone originaire de Karkov, ancien président du Conseil provincial de Donetsk et opposé à l’adhésion à l’OTAN. Son refus de signer un accord avec l’Union européenne en novembre 2013 a été le point de départ d’une manifestation fortement médiatisée sur une place à Kiev sur fond de coup d’État financé par les États-Unis. Le président légitimement élu était chassé du pouvoir, et le régime qui lui succéda prit aussitôt la décision de ne plus accorder au russe le statut de seconde langue officielle dans l’Est de l’Ukraine. Ce fut le point de départ de la guerre dans le Donbass qui dure depuis 2014.
Loi martiale pour empêcher toute révolte à Kiev
Les événements du 24 février ont montré que le gouvernement de Kiev ne peut plus compter sur l’armée ukrainienne pour le défendre. Et il n’a pas confiance en la population, sinon comment interpréter le décret présidentiel instaurant la loi martiale sur tout le territoire de l’Ukraine. La loi martiale suspend les libertés démocratiques et donne tout pouvoir pour faire taire la moindre opposition. Si tous les Ukrainiens étaient prêts à adhérer à la mobilisation générale et faisaient bloc autour du pouvoir, une telle mesure serait superflue.
Les Ukrainiens constatent que la politique pro-OTAN de leurs dirigeants a conduit à une guerre dans l’Est du pays depuis 8 ans. Ils voient que l’armée russe détruit et occupe quasiment sans opposition des bases militaires ukrainiennes, dont une à quelques kilomètres de Kiev, sans que ces actions militaires ne visent des villes peuplées de civils. Ils peuvent interpréter l’intervention russe comme un moyen de mettre fin à une guerre vieille de 8 ans, donc à un retour à la paix et à des relations apaisées avec tous leurs voisins.
Dans ces conditions, la population ukrainienne n’a aucun intérêt à soutenir le pouvoir et est même encouragée à y mettre fin. Le seul obstacle est la loi martiale qui permet aux extrémistes de tirer à vue sur une manifestation demandant le départ du gouvernement et l’organisation d’élections libres. Les dirigeants de l’Ukraine prendraient-ils le risque d’une telle répression qui ne manquerait pas de retourner l’opinion publique occidentale et ferait perdre tout soutien officiel des gouvernements européens au gouvernement ukrainien ? Dans ces conditions, la solution la plus sage est la fuite des dirigeants ukrainiens. Nul doute que des plans d’évacuation ont déjà été mis sur pied. Reste à savoir s’ils concernent également tous ceux qui sont suspectés d’avoir commis des crimes de guerre contre la population du Donbass.
M.M.
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Messages
25 février 2022, 17:55, par Joseph Luçay Maillot
On ne peut pas dire que l’Ukraine est abandonnée et que personne ne fait rien pour la soutenir et la défendre contre l’agression qu’elle subit .
Il faut bien le reconnaitre , cette agression russe est condamnée presque unanimement par l’ensemble de la communauté internationale , seuls quelques pays alliés à la Russie tels que la chine , la syrie , l’iran, l’approuvent ouvertement et on peut même noter une certaine réticence de la part de la Chine .
le secrétaire général de l’ONU implore la Russie de stopper son agression et de retirer ses troupes , et dans de nombreux pays des manifestations se déroulent spontanément sur les places publiques pour exprimer le mépris et la colère que provoquent l’invasion du territoire Ukrainien par l’armée Russe .
Dès l’annonce de l’invasion toutes les autorités européennes mais aussi internationales et notamment américaines ont décidé de prendre des sévères sanctions politiques et économiques contre la Russie . Certains pays ont déjà décidé d’envoyer des soldats en armes aux frontières ouest de l’Ukraine et il semblerait que le GIGN a été envoyé sur le territoire ukrainien pour protéger nos compatriotes , mais certainement aussi pour prêter main forte aux ukrainiens .
On ne peut pas dire que l’Ukraine est lâchement abandonnée par ses alliés . Il faudra un peu de temps pour qu’ils réagissent avec efficacité , mais ce qui est certain c’est qu’il y aura une réaction pour arrêter le projet de Poutine de recréer son empire soviétique et de détruire l’Union Européenne.
Il faut espérer que cette réaction ne se limite pas à des sanctions économiques dont l’efficacité prendra beaucoup de temps à se démontrer .Actuellement , l’Ukraine est en train de subir le même sort que la Pologne en 1939 ,elle est encerclée et attaquée de tous cotés , pas seulement dans le Donbass . Les allemands ont eut besoin d’un mois pour conquérir la Pologne ,mais avec les armes modernes , les russes n’auront pas besoin de plus d’une semaine pour écraser complètement les ukrainiens ,cependant , si c’est le cas , ce n’est pas parce qu’ils seront écrasés par la supériorité de leur ennemi que l’ont peut affirmer qu’ils ne sont pas des patriotes.
On verra bien ce qui va se passer d’ici une semaine mais je suis prêt à parier qu’ls n’auront pas capitulé ni déposé leurs armes, et peut être que d’ici là, ils auront été rejoints par d’autres patriotes venus de tous les coins du monde pour sauver la liberté . Car si l’Ukraine tombe sous la botte russe , d’autres pays subiront le même sort .
26 février 2022, 14:13, par oscar dudule
Avé Lucay
Sur les gendarmes français envoyés à kiev ; ce sont 8 gendarmes du GIGN qu sont chargés d’épauler, ceux déjà en place, pour protéger l’ambassade de France au cas où elle serait menacée. On peux se poser la question ;que peuvent faire 8 personnes de plus ,si un groupe, nombreux, de militaires russes était devant l’ambassade ?
24 mars 2022, 23:36, par chambon
Bon article, bien informé, loin des cretinités que le gouvernement s’efforce de répandre pour se faire ’’bien voir’’ des autorités américaines qui elles, n engagent de politique extérieure qu en regard de leurs intérêts économiques. Macron tout comme Sarkosczy sont des naifs qui ne connaissent absolument pas les USA, leur histoire politique et extérieure. Ce sont sous cet angle de parfaits ’’cretins’’ et Bruno Lemaire en tient lui aussi une couche solide. Bardés de diplomes,’’a la française’’ les premiers de classe font les fayots pour plaire a Biden (qui s’en moque). Le grand avantage du non alignement qui avait valu a la France son prestige et son poids international a été dilapidé par cette petite bande d’arrivistes a courte vue. Vivement qu on en soit débarassés !
25 mars 2022, 14:20, par oscar
Article totalement coupé de la réalité.
En un mois d’agression, l’armée russe n’a toujours pas réussit à vaincre l’Ukraine ; l’armée ukrainienne n’est pas affaibli . A Kiev , les russes ont m^me reculé.
la population ukrainienne résiste , voir les manifs dans une ville le du sud, où l’armée russe a du tirer sur des civils. de nombreux civils s’engagent
Par contre les troupes de Poutine tirent sur des hôpitaux , des orphelinats des immeubles d’habitations etc . Des milliers de civils sont tuées.
Poutine mérite d’être jugé pour crime contre l’humanité
Au sujet de l’OTAN ; certes cette organisation est loin d être un saint. Mais l’Ukraine ne fait partie de l’OTAN. Donc les états se limitent à la livraison d’armes.
25 mars 2022, 17:19, par Temoignages.re
Cet article a un mois, la réalité a changé depuis...