Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Union européenne
21 mars 2003

C’est une Europe gravement fragilisée par ses divisions profondes sur la crise irakienne qui se réunit depuis hier soir et jusqu’à aujourd’hui à Bruxelles.
Rarement un conseil européen aura été organisé dans un climat aussi tendu. Au fur et à mesure que la guerre devenait inéluctable, l’escalade verbale n’a cessé de monter entre le camp de la paix emmené par la France et l’Allemagne, et la Grande-Bretagne. Sans participer directement à la guerre, les dirigeants de l’Espagne, de l’Italie, des Pays-Bas et du Danemark, ainsi que huit pays futurs membres de l’UE ou candidats à l’adhésion, ont rejoint la coalition dirigée par les États-Unis. Soutenu par les conservateurs de son pays et contesté par un nombre grandissant de membres de son parti en Grande-Bretagne, lâché par trois ministres et plus de 100 députés de sa majorité, Tony Blair n’a pas hésité mardi à accuser la France d’être responsable de la situation. Dans un communiqué au ton inhabituel diffusé mercredi par le Quai d’Orsay, les autorités français se sont déclarées « choquées et peinées ».
- Aider la population irakienne
Autre signe de l’extrême tension qui règne à Bruxelles, des systèmes d’écoute téléphonique ont été découverts mercredi dans des bureaux utilisés par plusieurs délégations, dont la France et l’Allemagne, au siège du Conseil des ministres de l’UE. « La situation est sombre », a reconnu mercredi le président de la Commission européenne Romano Prodi, en appelant les Européens à refaire « rapidement » leur unité.
Dans ces conditions, on pouvait s’attendre à une explication, notamment entre Jacques Chirac et Tony Blair, lors du dîner des chefs d’État et de gouvernement qui ouvrait hier soir le sommet. Tout a cependant été fait pour l’éviter. Le Premier ministre britannique devrait se contenter d’une apparition-éclair.
Côté français, Jacques Chirac se rendra à Bruxelles dans un esprit constructif pour ne pas aggraver les divisions. « On va avoir un débat, mais avec le souci de trouver un terrain d’entente commun », expliquait-on de source française.
« Ce n’est pas parce que nous avons un désaccord que nous avons des humeurs ou des rancoeurs », a expliqué le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
Les Quinze devaient se concentrer sur le sujet plus consensuel de l’aide humanitaire à la population irakienne. Lors du Conseil des ministres de cette semaine, la Commission s’est dit prête à envoyer dans les plus brefs délais 270 millions d’euros de vivres, de tentes et de médicaments en Irak. Mais le ministre grec des Affaires étrangères Georges Papandreou, dont le pays exerce la présidence tournante de l’UE, a souhaité mercredi que les Quinze aillent plus loin en discutant de leurs relations avec les Etats-Unis ou du rôle des Nations Unies.
- La Convention retardée
La guerre en Irak a déjà eu une conséquence sur le sommet. En raison de la guerre, le point que devait faire jeudi soir le président de la Convention Valéry Giscard d’Estaing devant les chefs d’État sur la préparation de la Constitution de l’Union européenne a été annulé. Un contretemps fâcheux pour la Convention, qui parle désormais de prolonger ses travaux jusqu’à l’automne.
Malgré cette actualité, la présidence grecque n’avait pas l’intention d’oublier le thème principal de ce conseil européen, consacré comme chaque année aux problèmes économiques. Depuis leur réunion de mars 2000 à Lisbonne, les Quinze se sont fixés comme objectif d’être l’économie la plus compétitive au monde en 2010. Ce thème sera abordé ce matin.
Les Quinze se sépareront en début d’après-midi après avoir déjeuné avec les pays candidats. Les débats s’annoncent là encore animés, après la soumission des dirigeants de ces pays à Washington.
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