« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Lutte ouvrière
25 mai 2005

(pages 4 & 5)
L’économie sociale de marché, ce n’est rien d’autre que le capitalisme sauvage !
Tous ceux qui appellent à voter “oui” à la Constitution européenne, qu’ils soient ouvertement de droite, ou qu’ils se disent de gauche, prétendent que l’économie sociale de marché, dont parle ce texte, serait une garantie pour les travailleurs. Mais ce social n’est là que pour enjoliver la réalité. Ce qu’ils appellent économie de marché, sociale ou pas, c’est un système qui a comme seul objectif la recherche du profit pour une petite minorité de capitalistes, sans égards pour les travailleurs qui produisent toutes les richesses. La vie de tous les jours nous montre ce que cela signifie : les bas salaires, l’augmentation des charges de travail pour faire effectuer le même travail par moins de salariés, les plans de suppressions d’emplois à répétition. D’ailleurs, quand dans une entreprise on parle de plan social, cela signifie plan de licenciement.
Le modèle social européen, c’est précisément celui que nous connaissons.
Pour Chirac et Raffarin, comme pour Hollande ou Strauss-Kahn, la Constitution défendrait un modèle social européen, dont la France serait l’inspiratrice, et qui serait une protection pour les travailleurs. Mais puisque ce modèle est paraît-il d’inspiration française, il nous est facile d’en voir les résultats. D’un côté, des bénéfices qui flambent pour les grandes entreprises, des gros actionnaires dont les fortunes font boule de neige, des PDG aux revenus insolents. De l’autre, près de 10% de la population au chômage, le niveau de vie des travailleurs ramené un demi-siècle en arrière, des retraites amputées et qu’on ne peut prendre que de plus en plus tard, une sécurité sociale qui rembourse de moins en moins les frais de santé, des services publics (hôpitaux, écoles, transports en commun, poste) sinistrés, parce que tous les gouvernements qui se sont succédé depuis des dizaines d’années, ont préféré distribuer des subventions et des dégrèvements de charges sociales au grand patronat, plutôt que de financer ce qui est indispensable à la grande majorité de la population.
Un texte complaisant vis à vis des idées les plus révolutionnaires.
On pourrait sourire de voir que parmi les signataires du préambule de ce texte, qui d’après Chirac s’inspire des idées de 1789, il y a 5 majestés et une altesse royale. Mais son côté moyenâgeux ne s’arrête pas là. Loin de permettre, dans les pays où la législation est la plus arriérée, des avancées dans le domaine des libertés démocratiques, il choisit de se réclamer de l’héritage religieux de l’Europe, et ne dit pas un mot sur le droit au divorce, sur le droit à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse.
Ce que consacre cette Constitution, ce n’est pas une Europe fraternelle des peuples, c’est un grand marché dominé par les classes dirigeantes des pays les plus riches.
Les défenseurs du “oui” sont très fiers de dire que la Constitution va renforcer le poids des États de l’Europe occidentale au sein de l’Union européenne, parce qu’ils auront proportionnellement plus de voix dans ses instances dirigeantes. Mais à qui cela servira-t-il ? Certainement pas à la population laborieuse, dont les problèmes sont, ils le montrent tous les jours, le dernier souci de nos dirigeants, mais aux grandes entreprises, qui veulent exploiter à leur guise les marchés que constituent les nouveaux adhérents.
Pour ces défenseurs de la Constitution, le problème n’est pas de tirer vers le haut le niveau de vie des peuples les plus pauvres d’Europe. Ce qu’ils veulent, c’est au contraire tirer vers le bas, Europe ou pas, les salaires et les conditions de travail de leur propre classe ouvrière.
Il faut répondre “non”, même si cela ne suffira pas.
Il ne suffira certes pas d’un bulletin de vote, ni le 29 mai, ni en 2007, pour enrayer l’offensive que mène depuis des années le patronat contre le monde du travail.
Mais puisqu’on nous demande notre avis, donnons-le. Ce ne peut être qu’un “non”.
Non à la Constitution ! Non à la régression sociale !
Lutte ouvrière - Saint-Benoît
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