APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Etats-Unis :
29 septembre 2008

La bataille pour arracher un jeune Américain, Troy Antony Davis, à l’exécution capitale sommaire à laquelle l’a condamné le tribunal d’Atlanta (Géorgie) s’intensifie aux Etats-Unis et est suivie très attentivement par de nombreux témoins dans le monde.
Troy Davis a été accusé il y a 17 ans du meurtre d’un jeune policier - meurtre qu’il a toujours nié avoir commis, même s’il a reconnu sa présence à proximité du lieu du crime ce jour-là - et le tribunal d’Atlanta l’a condamné à mort en 1991. Il a passé toutes ces années derrière les barreaux à tenter de faire reconnaître son innocence. Non sans certains succès puisque sa culpabilité reste très douteuse, mais des preuves évidentes de son innocence n’ont pas été entendues et prises en considération par la Cour. Et il reste sous le coup d’une exécution capitale, déjà renvoyée deux fois.
Des témoins se sont rétractés, d’autres ont déclaré avoir subi des pressions des enquêteurs. Ces derniers n’ont jamais retrouvé l’arme du crime et enfin, un autre homme, présent lui aussi sur le même parking le soir du meurtre, a été vu par un témoin en possession d’une arme. Tous ces éléments d’un procès très défectueux ont alimenté une large campagne menée aux Etats-Unis et en Europe par les militants de l’abolition de la peine de mort.
Le 12 septembre dernier, le Bureau des Grâces de Géorgie - qui avait gracié une première fois Troy Davis en juillet 2007 - a refusé d’annuler l’exécution du jeune homme, comme il lui avait refusé en mars dernier une nouvelle audience. Ces choix marquent une régression par rapport au jugement de grâce de l’année dernière. En juillet 2007 en effet, le Bureau des Grâces avait accompagné sa décision d’une déclaration disant que ses membres « ne permettraient à aucune exécution capitale d’avoir lieu en Géorgie tant qu’ils ne seraient pas convaincus qu’il ne subsiste aucun doute quant à la culpabilité du prévenu ».
Troy Antony Davis devait être exécuté le 23 septembre, mais la Cour Suprême des Etats-Unis lui a donné un répit en suspendant l’exécution moins de deux heures avant le rendez-vous fatal, la renvoyant au lundi 29 septembre.
Toute cette semaine, de très nombreuses manifestations ont eu lieu dans plusieurs États des Etats-Unis et en particulier en Géorgie, à Washington DC devant la Cour Suprême et devant le siège d’Amnesty International, ainsi qu’en Floride où un autre condamné à mort, Richard Henyard, attend l’heure de la vengeance pour avoir tué Jamilya et Jasmine Lewis. Des militants de l’abolition de la peine de mort ont manifesté à Starke, devant la prison d’Etat de Floride, contre les exécutions de Henyard et de Davis, programmées à une heure d’intervalle et à quelques milliers de km de distance.
Les manifestations vont s’intensifier tout le week-end, le Bureau des Grâces pouvant à tout moment suspendre l’exécution.
Amnesty International et la Coalition nationale pour l’abolition de la peine de mort (NCADP) invitent tous leurs militants et tous les citoyens qui veulent en finir avec une justice de barbares à envoyer le même texte au Bureau des Grâces de Géorgie. Disponible sur le site d’Amnesty International (1) qui se charge de le faire parvenir à temps, ce texte rappelle pour commencer les failles du procès qui a abouti à la condamnation à mort, puis rappelle à la Cour de Géorgie les conséquences que peut avoir, sur le plan interne comme pour l’image des Etats-Unis dans le monde, l’exécution d’un innocent.
« Rien ne mine plus vite la confiance des citoyens en leur système de justice qu’une exécution capitale pratiquée alors que des doutes sérieux subsistent quant à la culpabilité du condamné. Le pouvoir de gracier est un filet de sécurité pour empêcher une erreur aussi irrémédiable et pour préserver la confiance des citoyens dans la capacité de leur Etat à rendre la justice. L’intégrité de la Justice de Géorgie est en jeu dans le cas présent. Je vous prie instamment de reconsidérer votre position et d’arrêter l’exécution de Troy Davis », conclut le message.
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