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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Crise en Europe
13 avril 2013, par

La dette de Chypre a été revue à la hausse passant de 17 milliards d’euros à 23 milliards d’euros, soit 6 milliards en quelques semaines. L’Etat devra trouver treize milliards d’euros, en plus des 10 milliards fournis sous condition par les bailleurs internationaux.
Photo SK12
« C’est un fait, le mémorandum de novembre parlait d’environ 17,5 milliards de financements nécessaires. Ce chiffre est désormais de 23 milliards d’euros » , a annoncé le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides. Cette hausse subite des besoins du pays a inquiété les observateurs et marchés qui craignent une contagion à toute la zone euro. Cependant, les ministres des Finances de la zone euro devraient donner « un feu vert politique » à Chypre, sous des conditions drastiques pour le pays.
Evolution des besoins de Chypre
Le plan de sauvetage conclu le 25 mars entre Chypre et les bailleurs de fonds internationaux —Union européenne, Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE)— prévoyait une aide de 9 milliards de la zone euro, via son fonds de secours, et 1 milliard du FMI.
En échange, le pays devait trouver initialement 7 milliards d’euros, une somme évaluée désormais à 13 milliards, soit plus de 75% du PIB. La majeure partie viendra de la restructuration du secteur bancaire, qui comprend une ponction sur les plus gros créanciers, y compris les déposants : 10,6 milliards d’euros au lieu des 5,8 milliards annoncés au départ.
Le montant de 23 milliards comprend les contributions publiques et privées, alors que les 17 milliards ne prenaient en compte que le financement public. Pour Jonathan Loynes, analyste de Capital Economics, « l’augmentation spectaculaire de la taille du programme souligne la profondeur des problèmes auxquels est confronté le pays, et pose de nouvelles questions sur l’impact de futurs sauvetages dans la zone euro sur les déposants et les créanciers ».
Les finances du gouvernement nécessitent une somme plus importante que prévue en raison de la récession et des prévisions de croissance morose. Le Produit intérieur brut devrait se contracter très fortement pendant deux ans, soit 8,7% prévu en 2013 et 3,9% en 2014, avant de repartir timidement à la hausse en 2015 (1,1%).
Des mesures drastiques en perspectives
Pour pouvoir faire des économies, le gouvernement a annoncé une restructuration de son secteur bancaire qui sera financé par le secteur privé, freinant ainsi le transfert des dettes des banques en dette souveraine. Le gouvernement va privatiser pour près d’un milliard d’euros un certain nombre d’entreprise, refinancer une partie de la dette précédente qui devrait également rapporter 1 milliard. Il est aussi prévu des augmentations d’impôts pour 600 millions d’euros et la vente de réserves d’or excédentaires pour 400 millions.
La Fonction publique ne sera pas épargnée, avec des suppressions massives de postes. Mais le gouvernement a déjà mis en garde qu’elle pourrait être à très court terme en difficulté car elle a besoin de 75 millions d’euros pour payer ses fonctionnaires et les retraites en avril.
Contrôle des capitaux
Les besoins financiers de Chypre ayant évolué, les autorités ont décidé d’alléger les mesures de contrôle de capitaux. En effet, après avoir fermé les banques durant plusieurs jours pour éviter la fuite des capitaux, Nicosie a réouvert et ses banques et décidé de contrôler les flux.
Chypre a levé les restrictions sur les transactions inférieures à 300.000 euros, mais maintenu pour au moins sept jours supplémentaires celles prévoyant de limiter les retraits en espèces aux guichets et aux distributeurs à 300 euros par jour, par personne et par banque. L’objectif est de permettre aux entreprises à court d’argent de payer leurs employés et fournisseurs.
Le ministère a également décidé de relever de 5.000 à 20.000 euros par mois le montant autorisé pour les paiements et virements à l’étranger, sans autorisation préalable. Des transactions plus importantes s’inscrivant « dans le cadre de l’activité normale du client » seront autorisées au cas par cas et sur présentation préalable des documents nécessaires, ont annoncé les médias.
Céline Tabou
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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