Changement climatique

Une aide aux pays ’en développement’ pour répondre au défi

La Commission européenne fait un geste

25 mars 2003

La Commission européenne a adopté une stratégie destinée à aider les ’pays en développement’ à répondre aux défis du changement climatique. Dans sa communication intitulée ’les changements climatiques dans le contexte de la coopération au développement’, la Commission propose un plan d’action de l’UE visant à inscrire les préoccupations suscitées par l’évolution du climat dans les activités de coopération au développement de l’Union.

Commentant l’adoption de cette communication, Poul Nielson, commissaire européen chargé du Développement et de l’Aide humanitaire, a indiqué que « le changement climatique est autant un problème de développement qu’un problème environnemental. Ses effets négatifs devraient affecter de manière disproportionnée les pays les plus pauvres à l’économie essentiellement tributaire des ressources naturelles. La capacité des pays en développement de s’adapter au changement climatique est en outre altérée par l’insuffisance de ressources financières, de techniques adaptées et d’institutions stables et efficaces. La Commission a le souci d’aider ses partenaires en développement à concilier, d’une part, leurs besoins légitimes de développement économique et, d’autre part, la protection de leur environnement et l’utilisation durable de leurs ressources. Nous pensons que la meilleure façon d’y parvenir est d’appréhender les préoccupations de changement climatique dans le cadre des activités que l’UE déploie au titre de la coopération au développement, en pleine cohérence avec l’objectif primordial de réduction de la pauvreté ».

Margo Wallström, commissaire chargée de l’Environnement, a ajouté que « les pays en développement sont le plus vulnérables au changement du climat et méritent de ce fait notre plein soutien dans la lutte menée contre cette menace. Le protocole de Kyoto leur offre la possibilité de conjuguer l’effort de défense contre ce changement et l’objectif de développement économique, par le biais du mécanisme de développement propre et de ressources additionnelles destinées à financer des mesures de réduction des émissions, d’adaptation à l’évolution climatique et de renforcement des capacités. La stratégie dévoilée ce jour montre que nous sommes décidés à progresser en faisant du changement climatique un thème transversal important de notre politique de coopération au développement ».

Stratégie

La Commission propose une stratégie visant à aider les pays partenaires de l’UE à répondre aux défis posés par le changement climatique et, en particulier, à les soutenir dans la mise en œuvre de la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et du protocole de Kyoto. La communication fait valoir que les préoccupations liées à l’évolution du climat et ses conséquences à long terme potentiellement désastreuses pour la santé, les moyens de subsistance durables et le progrès économique dans les pays en développement, par exemple, doivent être totalement intégrées dans la coopération au développement de l’Union. Les préoccupations de changement climatique doivent être prises en considération et cette appréhension peut et doit s’effectuer selon des modalités conformes à l’objectif principal de réduction de la pauvreté.
Au-delà de la coopération au développement, la rencontre des préoccupations liées à l’évolution du climat fait partie intégrante de la stratégie de développement durable affirmée par l’UE avant, pendant et dans le prolongement du Sommet mondial sur le développement durable.

4 priorités

Quatre priorités stratégiques sont définies : accorder une importance politique plus grande au changement climatique, tant auprès des décideurs et des praticiens de la politique de développement de l’UE que de ceux des pays partenaires, soutenir l’adaptation aux effets négatifs du changement climatique dans ces pays partenaires, soutenir l’effort fourni par les pays partenaires de l’Union pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique, développer les capacités dans les pays partenaires de l’Union. Le plan d’action corollaire traduit les recommandations stratégiques en actions concrètes, tout en mettant l’accent sur l’adaptation au changement climatique, sur le développement des capacités et sur la recherche.
Plus de 100 pays ont désormais ratifié le protocole de Kyoto, dont la Communauté européenne et ses États membres, de même que bon nombre de pays en développement. Le protocole de Kyoto entrera en vigueur lorsque la Russie l’aura ratifié. Il ouvre, grâce au mécanisme de développement propre, d’importantes perspectives de progrès durable dans les pays en développement. Il rend possible des réductions d’émissions en permettant que les investissements réalisés dans les pays en développement soient portés au crédit de l’investisseur d’un pays industrialisé et en incitant ainsi l’investissement dans les pays en développement.

Co-développement

Dans le prolongement du protocole de Kyoto, trois nouveaux fonds seront créés dans le cadre du Fonds mondial pour la protection de l’environnement, afin de soutenir les actions des pays en développement liées au climat, l’UE et plusieurs autres pays développés s’étant engagés à verser chaque année, d’ici à 2005, 450 millions d’euros d’aide additionnelle.
Par le biais de sa communication, la Commission invite le Parlement européen, les États membres, la société civile et d’autres opérateurs à contribuer à la formulation et à la mise en œuvre d’un programme cohérent et coordonné de lutte contre les effets du changement climatique dans le contexte de la coopération au développement.


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Témoignages - 82e année


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