Conséquence de l’agression de l’Iran par Washington et Tel-Aviv

Une guerre de l’eau dans le Golfe

12 mars, par Manuel Marchal

Des frappes récentes dans le Golfe exposent la fragilité des usines de dessalement, vitales dans une région désertique. Villes, économie et stabilité reposent sur ces sites vulnérables aux attaques et aux pannes énergétiques. Le mirage de puissance des pétromonarchies révèle ainsi une dépendance critique à l’eau.

Les frappes récentes contre des installations énergétiques en Iran et dans le Golfe ont mis en lumière une menace plus silencieuse encore : celle qui pèse sur les usines de dessalement. L’Organisation des Nations unies a exprimé son inquiétude face à des attaques ayant endommagé ce type d’infrastructures, essentielles dans une région parmi les plus arides du monde.

Au Bahreïn comme sur l’île iranienne de Qeshm, des installations ont été touchées ou perturbées. Aux Émirats arabes unis, des frappes sont tombées près du port de Jebel Ali, non loin d’une des plus grandes usines de dessalement au monde. Ces épisodes restent limités, mais ils révèlent une vulnérabilité structurelle.

Dans le Golfe, l’eau potable dépend massivement du dessalement : jusqu’à 90 % au Koweït, près de 70 % en Arabie saoudite. Sans ces usines, des métropoles comme Dubaï, Doha ou Abou Dhabi ne pourraient tout simplement pas fonctionner. Leur croissance spectaculaire — gratte-ciel, agriculture sous climat désertique, climatisation omniprésente — repose sur un flux continu d’eau produite à partir de la mer.

Or ces installations constituent un talon d’Achille stratégique. Souvent situées sur le littoral, exposées aux drones, missiles ou sabotages, elles sont aussi dépendantes de centrales thermiques et de réseaux énergétiques eux-mêmes ciblables. Une cyberattaque modifiant les paramètres chimiques de traitement pourrait suffire à interrompre la production. Les réserves nationales, limitées, n’offriraient que quelques jours d’autonomie.

Le « mirage » de prospérité des pétromonarchies apparaît ainsi fragilisé. Derrière l’image de puissance énergétique se cache une dépendance extrême à une technologie vulnérable. Dans une région où plus de la moitié de la population vit déjà en situation de stress hydrique, frapper l’eau revient à menacer directement la stabilité sociale, économique et politique. La guerre ne viserait plus seulement le pétrole : elle toucherait le fondement même de la vie dans le désert.

Des frappes dans le Golfe révèlent la fragilité des usines de dessalement, piliers vitaux en zone désertique. Villes et économies en dépendent totalement. Un avertissement pour La Réunion, où 180 L/jour par habitant et des projets similaires pourraient entretenir un dangereux gaspillage.

M.M.

A la Une de l’actu

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus