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Moyen-Orient
Ariel Sharon prêt à discuter avec la Syrie
10 mai 2003

L’éventuelle ouverture de négociations entre dirigeants syriens et israéliens pourrait être une importante avancée sur la voie de la paix dans la région. Mais derrière cette ouverture se cache la volonté américaine d’établir une zone de libre-échange entre ces pays et les États-Unis dans les 10 ans à venir.
Le Premier ministre israélien s’est déclaré prêt à négocier avec la Syrie « sans conditions préalables », dans une interview diffusée jeudi soir par la télévision publique israélienne. À la question de savoir s’il était prêt à nouer un dialogue de paix avec la Syrie, Ariel Sharon a répondu : « Je suis pour établir des discussions avec tout pays arabe sans conditions préalables ». Il s’est dit prêt à rencontrer les Syriens. « On vient et l’on s’asseoit des deux côtés d’une table. Les Syriens auront des demandes à nous faire. Nous en aurons aussi à leur faire. Et alors on (négocie) et on décide ». Ariel Sharon a par ailleurs confirmé dans son interview télévisée avoir reçu récemment trois messages indirects de la Syrie indiquant qu’elle était prête à renouer des pourparlers.
Dans un discours qu’il devait prononcer depuis l’université de Caroline du sud, le président américain devait présenter un plan global pour le Moyen-Orient. Ce discours reprendra les thèmes abordés par George W. Bush lors d’une allocution à Washington le 26 février, dans laquelle il avait notamment affirmé que les progrès de la démocratie au Moyen-Orient après le départ du président irakien Saddam Hussein aideraient à la création d’un État palestinien démocratique comme le prévoit la "feuille de route" publiée le 30 avril. Le plan qu’il va présenter prévoit notamment l’établissement dans les dix ans d’une zone de libre-échange entre cette région et les États-Unis, selon des responsables de son administration. « L’aspect commercial et économique est essentiel », devrait-il expliquer, selon son entourage, qui précise que l’intention des États-Unis était de développer ces liens à l’image des accords de libre-échange israélo-américains et jordano-américains.
Ce discours intervient alors que Colin Powell doit entamer aujourd’hui une tournée au Moyen-Orient et en Europe pour tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien et parler de l’avenir de l’Irak. Le locataire de la Maison blanche s’est affirmé jeudi « très optimiste » sur les chances de progrès dans le règlement du conflit israélo-palestinien. « C’est pour cela que j’envoie le secrétaire Powell là-bas », a-t-il dit.
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