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8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Etats-Unis/Cuba : retour à une politique de confrontation -1-
29 juin 2017, par

La Maison-Blanche a annoncé un retour à une politique hostile vis-à-vis de Cuba, suscitant l’incompréhension au sein de l’opinion publique étasunienne. Un article de Salim Lamrani.
Le 16 juin 2017, au théâtre Manuel Artime de Miami, le Président des Etats-Unis a annoncé un changement de la politique étrangère vis-à-vis de Cuba. Sous les yeux de l’assistance, composée entre autres de vétérans de la Baie des Cochons auxquels il a rendu hommage, Donald Trump a prononcé un discours d’une hostilité sans précédent. Ressassant une rhétorique de la Guerre froide, il laisse présager un avenir sombre pour les relations bilatérales entre les deux pays [1].
Alors que le monde entier avait salué le dialogue constructif établi par Barack Obama en décembre 2014 ainsi que la levée de certaines restrictions, Donald Trump a mis un terme au processus de normalisation des relations. « Je mets fin à l’accord à sens unique signé par la précédente administration avec Cuba », a-t-il déclaré. Il a dénoncé « l’assouplissement des restrictions de voyage et de commerce [qui] n’aide pas le peuple cubain ». Le Président étasunien a affirmé que les sanctions seraient maintenues et que les mesures visant à interdire le tourisme étasunien à Cuba seraient renforcées, exigeant le « respect des droits de l’homme ». « Nous renforcerons l’embargo », a-t-il conclu [2].
Le discours de Trump n’a pas été exempt de contradictions. D’un côté, il a reconnu que Cuba était un pays indépendant : « Nous acceptons tous que toutes les nations ont le droit de choisir leur propre voie […]. Nous respecterons donc la souveraineté de Cuba ». Mais de l’autre, il a exigé des changements d’ordre interne, telle qu’une évolution du système politique et du modèle social cubain, en contradiction avec les principes du droit international [3].
Les mesures annoncées n’annulent pas tous les accords obtenus sous l’administration précédente. En effet, Washington ne remet pas en cause les relations diplomatiques ni les accords migratoires établis. De la même manière, les vols directs et les croisières entre les deux pays sont maintenus, tout comme les voyages des Cubains-américains et les transferts d’argent.
La Maison-Blanche a publié un document listant les changements adoptés par le Président Trump. Ainsi, le tourisme ordinaire des citoyens étasuniens à Cuba restera interdit et les voyages autorisés sous l’administration Obama seront désormais fortement limités. Il ne sera plus possible pour les citoyens étasuniens de réaliser un voyage à titre individuel. Ils devront désormais passer par une institution ayant obtenue une licence des autorités [4]. De la même manière, les transactions commerciales avec les entreprises d’Etat seront interdites. Les sanctions économiques resteront en vigueur et Washington défendra sa politique sur la scène internationale, notamment aux Nations unies.
D’un point de vue formel, le ton agressif et autoritaire marque une rupture avec la politique de dialogue adoptée par Barack Obama. Mal conseillé, le Président étasunien a choisi un lieu portant le nom d’un vétéran de la Baie des Cochons pour annoncer le revirement politique vis-à-vis de Cuba [5]. Il est même allé jusqu’à rendre un vibrant hommage à Bonifacio Haza, ancien capitaine de la police de la dictature de Fulgencio Batista, responsable de multiples crimes, dont l’assassinat de Frank País, figure historique de la Révolution cubaine [6].
(à suivre)
Salim Lamrani
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités, Paris, Editions Estrella, 2016. Préface d’Ignacio Ramonet.
Contact : [email protected] ; Salim. [email protected]
Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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