Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Des nouvelles de l’Inde
26 juillet 2006

Née en Inde en 1952, physicienne, écrivain, docteur en philosophie des sciences et éco-féministe, Vandana Shiva est lauréate du prix Nobel alternatif 1993. Elle lutte contre le brevetage du vivant et la bio-piraterie, c’est-à-dire l’appropriation par les firmes agrochimiques des ressources universelles, notamment les semences. Elle a créé en 1987 le mouvement Navdanya, une ONG indienne qui défend et lutte pour la biodiversité et l’autosuffisance des paysans par l’agriculture traditionnelle. Elle a entrepris un “pélerinage des semences’ qui l’a fait passer en France en mai dernier, alors que se tenait le procès en appel (Orléans - 14 mai 2006) des faucheurs volontaires*.
Vandana Shiva a créé en 1987 le mouvement Navdanya - qui signifie "neuf graines" (1) - lorsqu’elle a compris l’urgente nécessité de soustraire l’agriculture indienne à la domination des multinationales, à la contamination par les organismes génétiquement modifiés et aux monopoles imposés par l’ingénierie génétique. Ce sont les choix affichés par les lobbies des multinationales dans les réunions du GATT puis lors de la création de l’OMC, dans "l’Uruguay Round", qui lui ont ouvert les yeux. "Elles exigeaient le droit de breveter les semences et de vendre des OGM sans entrave. Naturellement, pour cela, elles avaient besoin d’accords de libre-échange. Rapidement, j’ai pu voir que ce qu’elles souhaitaient, c’était un contrôle absolu sur la Vie elle-même. Et ce totalitarisme était inacceptable à mes yeux", a-t-elle déclaré.
Depuis, Vandana Shiva mène un combat pour la défense de la biodiversité et l’indépendance du monde agricole indien, avec le soutien de plus de 200.000 paysans regroupés autour de la création d’une trentaine de banques de semences coopératives, qui regroupent des ressources communes, que les paysans peuvent utiliser selon leurs besoins.
Ces coopératives ont par exemple fourni des variétés de riz résistantes aux vers, qui ont permis aux paysans touchés par le tsunami d’avoir de quoi se nourrir. "Nous avons sauvé probablement 7 ou 8.000 variétés de riz ; nous en cultivons 380 sur la ferme de Dehra Dun, qui est gérée par Navdanya", a précisé Vandana Shiva. Nées d’une résistance à la domination des multinationales, cette ferme et les coopératives gérées par le Mouvement des Neuf graines sont devenues dix ans plus tard "une très belle et florissante alternative" a estimé la fondatrice. Les paysans ont en effet commencé par sauver des graines, puis ils se sont lancé dans l’agriculture biologique pour ne pas avoir à acheter des engrais et des produits phytosanitaires (chimiques) trop coûteux. Une fois devenus paysans bio, ils ont travaillé à défendre leur propre marché. "Les paysans bio sont les seuls à ne pas souffrir du déclin des prix - explique Vandana Shiva - parce que, partout où les multinationales contrôlent l’agriculture, les deux choses qu’elles font sont augmenter les coûts de production, dans le but de créer de nouveaux marchés de semences et de produits chimiques ; et diminuer les prix des produits agricoles, afin d’accroître leur profit. Et les paysans sont pris au piège..."
"Je fais confiance à la force de la Vie"
À l’inverse, là où les coopératives de Navdanya (le Mouvement des Neuf graines) ont permis aux paysans de consolider leurs cultures, leur revenu a été multiplié par 3 ou par 5 et la productivité a augmenté.
Puis Navdanya a adhéré au mouvement international paysan "Via campesina" pour faire le lien avec d’autres luttes paysannes à travers le monde. Ce qui les unit tous est la bataille pour la souveraineté alimentaire, contre la mondialisation de l’agriculture voulue par l’OMC, à base de dumping, de manipulations génétiques et de brevetage des semences. Les menaces sont partout les mêmes : le monopole des semences par quelques gros groupes qui se partagent de vastes surfaces agricoles - souvent ôtées à des communautés paysannes trop faibles ou trop dispersées pour pouvoir se défendre - et qui imposent une distorsion des prix et un système d’agriculture non durable.
"Le moyen de résister, c’est : "reste sur ta terre, défends ton patrimoine et ta souveraineté alimentaire, ta souveraineté sur les graines", répète partout la co-fondatrice de Navdanya.
Dans le contexte d’une agriculture mondiale déchirée par une opposition radicale entre les exploitations extensives de l’agro-business, soutenues par les règles de l’OMC, et l’armée dispersée de millions de paysans qui s’efforcent de produire une nourriture de qualité pour les habitants de la planète, la notion de "Démocratie de la Terre" mise en avant par Vandana Shiva, est un outil de lutte pour la défense de cinq libertés fondamentales : la souveraineté sur les semences et les droits démocratiques à l’eau, à l’alimentation, à la terre et aux forêts.
"Je fais profondément confiance à la force de la Vie. Et je crois que, aussi petits que puissent être les paysans, et quelle que soit la façon dont les sociétés ont marginalisé leur propre communauté agricole, nous allons bientôt assister à l’émergence d’un mouvement massif de petits paysans, à travers le monde. J’ai la profonde conviction que la prochaine décennie sera celle de l’alimentation et de l’agriculture", a-t-elle déclaré lors de son passage en France.
P. David
* [Les informations reproduites ici sont extraites d’une interview donnée à ATTAC dans le cadre du procès d’Orléans - Ndlr]
(1) Une tradition indienne veut que chaque famille plante neuf graines dans un pot le 1er jour de l’année. Neuf jours plus tard, on compare les résultats et on choisit de planter dans les champs celles qui ont le mieux poussé.
Au Kerala, des femmes se battent pour faire respecter leur droit à l’eau
Depuis 2002, les femmes de Plachimada, un petit village du Kerala, sont parties en guerre contre Coca-Cola, qui avait cru pouvoir installer une de ses usines sans rien demander à personne et pomper 1,5 million de litres d’eau par jour sans l’autorisation de la communauté locale - qui, selon la Constitution indienne, est l’autorité compétente pour prendre des décisions sur les questions d’eau.
En conséquence, les femmes étaient obligées de faire à pied plusieurs kilomètres par jour, pour aller puiser de l’eau potable.
Un jour, une femme appelée Mylamma a dit "Non". Elle a obtenu le soutien des autres femmes et dressé ce tout petit village contre le géant Coca-Cola, occasionnant un jour le détachement de 500 policiers envoyés en cordon devant l’usine. Une solidarité s’est créée autour de leur lutte. Elles ont reçu un appui juridique et politique du Mouvement des Neuf graines, qui a emmené José Bové à Plachimada, au moment du Forum Social Mondial de Mumbay (Bombay), en janvier 2004.
Les femmes ont obtenu la fermeture de l’usine et la procédure suit son cours devant la Cour Suprême de l’Inde. Ce litige est celui qui oppose le géant Coca-Cola et sa course aux profits au droit de la population indienne à l’eau. La lutte des femmes de Plachimada scelle l’une des premières victoires citoyennes sur le sujet.
Un mouvement de solidarité s’est propagé à travers le pays, où des groupes de citoyens ont identifié d’autres usines Coca-Cola, posant partout des problèmes identiques. Une campagne offensive de blocus de chacune des usines identifiées est programmée.
source : ATTAC
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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