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Changement climatique
Les conséquences de l’effet de serre dans notre région
10 mai 2003

Après un passage au large de notre île, la tempête tropicale ’Manou’ a évolué il y a trois jours au stade de cyclone avant de frapper Madagascar. Un phénomène exceptionnel en cette saison, du jamais-vu depuis l’observation par satellite et des conséquences désastreuses pour la région de Vatomandry, sur la côte centre-Est de Madagascar.
Touchée jeudi par le cyclone "Manou", la région de Vatomandry dans l’Est de Madagascar était hier « totalement isolée », selon un responsable de Care International joint par téléphone à Antananarivo. Selon Didier Young, « aucun contact radio ou téléphonique n’a pu être établi avec Vatomandry », où l’ONG américaine dispose d’une antenne permanente. La météorologie malgache, dans son premier bulletin spécial de vendredi à 6 heures locales, signalait que le cyclone était "stationnaire" dans les environs de Vatomandry avec des vents moyens de 125km/h et des rafales de 180km/h.
Un tel phénomène est inhabituel en cette saison constate Météo France à La Réunion. C’est la première fois que depuis que les observations par satellite sont possibles dans notre région, c’est à dire depuis 1967, qu’un cyclone est observé à une telle latitude.
Les eaux de l’océan Indien sont particulièrement chaudes en ce moment, la température est comprise entre 26 et 28 degrés, ce qui est supérieur à la normale. Météo France précise également que la température de l’océan n’est pas le seul facteur qui explique le renforcement du phénomène. La circulation des vents, et le retard de l’arrivée d’un front froid saisonnier ont favorisé l’évolution vers l’état de cyclone.
Météo France propose plusieurs pistes de réflexion pour expliquer cet événement climatique inhabituel. De manière conjoncturelle, la saison chaude a duré plus longtemps cette année, ce qui peut provoquer une température de l’océan plus élevée. Mais les météorologues ont également remarqué que l’an dernier à la même date, un phénomène quasi-identique avait déjà touché la Grande Île. Depuis 35 ans, seulement 6 cyclones ont été observés au mois de mai dans notre région, mais depuis un an, deux ont touché des terres habitées. Soit c’est une coïncidence très troublante, soit cela signifie que la saison cylonique s’allonge. Dans ce cas, cela peut confirmer le réchauffement de la terre, même si des mesures sur une plus longue période sont nécessaires pour le démontrer de manière certaine.
Mais pour Météo France, si ce genre d’événement inhabituel se reproduit trop souvent, cela veut dire que l’atmosphère a été altérée de manière durable. D’où l’hypothèse suivante : au mois de mai, nous passerions d’un risque cyclonique nul à un risque faible. Dans cette hypothèse, nous pourrions avoir à faire face à des cyclones au mois de mai car la saison cyclonique courrait au-delà du mois d’avril, cela à cause du réchauffement de la terre. Pour Météo France, l’allongement de la saison cyclonique entraînerait à coup sûr davantage de cyclones ; quant à l’intensité des phénomènes, en l’état actuel des connaissances, il est difficile de dire si elle ira en augmentant.
| Une seule mutation et le moustique devient résistant |
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| Un changement sur une seule "lettre" de l’alphabet génétique de certains moustiques a suffi à les rendre résistants aux insecticides dirigés contre eux. Il s’agit en l’occurrence du moustique vecteur du virus du Nil occidental (Culex pipiens) et du moustique vecteur du parasite du paludisme (Anopheles gambiae). Depuis plus de 25 ans, ces insectes piqueurs sont de moins en moins sensibles aux pesticides organophosphatés et aux carbamates. Des chercheurs français, du CNRS, de l’IRD et de l’Université de Montpellier, ont découvert que la substitution d’un seul acide aminé chez une enzyme - l’acétylcholinestérase - est responsable de cette insensibilité des moustiques. L’équipe dirigée par Mylène Weill a trouvé cette mutation chez dix souches très résistantes de Culex pipiens et chez une souche d’anophèle. Ces résultats sont publiés dans la revue "Nature" datée du 8 mai. Les organophosphates et les carbamates, par ailleurs très toxiques, agissent en inhibant l’acétylcholinestérase (AChE) chez les insectes, un neuromédiateur impliqué dans la transmission de l’influx nerveux. Ces pesticides entraînent la mort par tétanie musculaire. Le changement génétique observé par les chercheurs rend l’enzyme insensible à cette action. |
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