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4 juin, parNos peines
Tous les électeurs invités à participer à une consultation citoyenne
10 novembre 2014, par

Plus d’un million de Catalans ont voté ce dimanche 9 novembre pour ou contre leur indépendance, en dépit de l’ordre de suspension des tribunaux espagnols, qui considéraient le sondage inconstitutionnel.
En octobre, le président de la région catalane, Artur Mas, avait décidé d’organiser ce scrutin informel après l’annulation par Madrid du référendum initial. Près d’1,1 million de personnes sur les 5,4 millions admissibles ont voté dans des bureaux de vote tenus par plus de 40 000 bénévoles.
Deux questions sont posées aux électeurs : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État ? » et si oui, « Voulez-vous qu’il soit indépendant ? ». Les résultats devraient être annoncés lundi matin. Cependant, selon les derniers sondages, la majorité des 7,5 millions d’habitants de la Catalogne, région la plus riche d’Espagne, veut un référendum sur la question de l’indépendance, et près de la moitié d’en eux veut se séparer de l’Espagne.
Ainsi, près de 80% des Catalans souhaitent une plus grande autonomie par rapport à l’Espagne et 50% sont favorables à l’indépendance pure et simple. A 13h00, plus d’un million de personnes, avaient voté, selon le gouvernement local. Cette « consultation citoyenne » a pris la place au référendum, jugé inconstitutionnel. Pour Artur Mas, « nous avons gagné le droit d’organiser un référendum ».
Ce dernier a ajouté, en déposant son bulletin, que « nous faisons quelque chose de grand, ici en Catalogne, en défendant la liberté d’expression et en fixant l’avenir politique de notre pays ». Le leader indépendantiste considère que le vote de dimanche est surtout symbolique et qu’il mènera vraisemblablement à des élections régionales qui deviendront un référendum pour les Catalans. Angels Costa, commerçant de 52 ans interrogé par l’Agence France Presse, a expliqué, devant un bureau de Barcelone que « s’ils ne nous comprennent pas, ils devraient au moins nous respecter et accepter que chacun aille de son côté ».
Nuria Silvestre, pro-indépendante a expliqué à l’agence : « j’ai voté pour l’indépendance parce que je me suis toujours sentie comme une Catalane. Peut-être que je n’étais pas si radicale avant, mais le fait que le vote ait été interdit m’a rendue ainsi ».
Alicia Sanchez-Camacho, dirigeante en Catalogne du Parti populaire (PP) au pouvoir à Madrid, a dénoncé un “simulacre” de consultation sans aucune garantie légale ou démocratique. Les procureurs d’État ont d’ailleurs annoncé samedi 8 novembre, qu’ils allaient ouvrir une enquête, afin de déterminer si le vote qui se tenait en dépit de la suspension de la cour était illégal.
Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a appelé les leaders de la Catalogne à entamer des discussions « dans le cadre légal de la Constitution ». Ce dernier a assuré que le statut illégal de ce vote, signifiait qu’il n’aurait aucun impact dans la gouvernance du pays, car ce n’est « ni un référendum, ni une consultation, ni quoi que ce soit de ce genre ».
En dépit de cet acte symbolique, les organisateurs espèrent une forte participation, afin d’inciter Madrid à négocier une plus large autonomie pour la Catalogne dans les domaines politique et budgétaire. Certains espèrent convaincre le pouvoir central d’accepter à terme un référendum officiel sur l’indépendance.
Pour les responsables des deux principaux partis catalans, Convergence et Union (CiU) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), une forte participation enverrait un message clair à Artur Mas pour qu’il organise des élections régionales anticipées. Pour Oriol Junqueras, dirigeant de l’ERC, « il est clair que cette consultation (...) ne nous donne pas le mandat démocratique que nous aurions eu avec une élection mais, ce qui est important, c’est que nous montrons encore une fois que les gens veulent voter, qu’ils veulent faire connaître leur opinion ».
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