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26 août, parConséquence du système néocolonial
Attaque contre un membre des BRICS
26 août, par

Face aux sanctions américaines qualifiées de « D-Day économique », les BRICS affichent des positions contrastées. La Chine et la Russie condamnent fermement l’unilatéralisme et soutiennent Téhéran. L’Inde, présidente du bloc, adopte une ligne de crête, critiquant les mesures coercitives sans nommer Washington. Brésil et Afrique du Sud privilégient la diplomatie mais cèdent aux pressions (retrait des navires iraniens des exercices navals du BRICS). Malgré ces divisions, le bloc rejette l’ordre unilatéral et l’Iran, membre depuis 2024, compte sur ses alliés pour résister, refusant toute rupture de ses liens économiques.
Le 24 août 2026, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé depuis New York une nouvelle salve de sanctions contre l’Iran, qu’il a qualifiée de « D-Day économique ». L’objectif affiché est de « rompre toutes les bouées de sauvetage économiques » de la République islamique. Cette offensive unilatérale cible cinq secteurs clés — actifs numériques, technologie, or, aviation et transport maritime — et menace de sanctions secondaires toute entité ou pays qui continuerait à commercer avec Téhéran. Face à cette escalade, la position des États du BRICS, dont l’Iran est membre depuis 2024, apparaît contrastée.
Premier partenaire commercial de l’Iran, la Chine achète environ 90 % des exportations de pétrole brut iranien, défiant les sanctions américaines. Pékin a officiellement déclaré son opposition aux « mesures coercitives unilatérales » de Washington, jugeant que « les sanctions et les pressions ne contribuent pas à résoudre les problèmes et ne font qu’exacerber les tensions ». En accueillant l’Iran au sein du BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai, la Chine a activement œuvré à briser son isolement international. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a d’ailleurs salué le rôle de Pékin, la qualifiant de « premier partenaire économique » de l’Iran et soulignant leur coopération au sein du BRICS pour « construire un ordre international plus juste ».
Moscou a « fermement condamné les frappes américaines » et dénoncé une « violation flagrante du droit international ». Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réitéré cette position. Toutefois, le Kremlin a clairement indiqué que le BRICS n’envisageait « aucun type d’aide militaire automatique » pour ses membres. La Russie, tout en maintenant des liens économiques et militaires étroits avec Téhéran, semble privilégier une approche réaliste, refusant de s’engager dans un nouveau front. Elle n’a d’ailleurs pas initié de déclaration commune du BRICS après l’adhésion de l’Iran, suggérant une solidarité mesurée.
New Delhi, qui assure la présidence tournante du bloc, a adopté une position particulièrement prudente. Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du BRICS en mai 2026, le chef de la diplomatie indienne, Subrahmanyam Jaishankar, a qualifié les « mesures coercitives unilatérales et les sanctions incompatibles avec le droit international » d’« injustifiables », mais sans nommer explicitement les États-Unis. Il a appelé à la retenue et à la désescalade. Cette position s’explique par les intérêts énergétiques indiens — le détroit d’Ormuz étant une artère vitale — et par la volonté de ne pas compromettre ses relations avec Washington. L’Inde marche sur une corde raide, cherchant à ne pas aliéner l’Iran tout en évitant de heurter les États-Unis.
Le Brésil, sous la présidence de Lula da Silva, a condamné l’attaque américaine et appelé à la désescalade. L’Afrique du Sud, membre historique du BRICS, a également privilégié la voie diplomatique et la retenue. Le président Cyril Ramaphosa a condamné les « violations du droit international ». Cependant, Pretoria a dit que face aux menaces de sanctions américaines, il a demandé à l’Iran de retirer ses navires de guerre des exercices navals du BRICS en janvier 2026.
Les divergences au sein du BRICS sont manifestes. L’élargissement du bloc à des pays aux intérêts divergents, comme les Émirats arabes unis, rivaux régionaux de l’Iran, complique l’émergence d’une position commune. Si la Chine et la Russie soutiennent fermement Téhéran, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud privilégient une approche plus conciliante. Le bloc a néanmoins réussi, par le passé, à condamner les frappes contre l’Iran, les qualifiant de « violation du droit international ».
L’offensive économique de Washington, bien que massive, se heurte à la détermination de plusieurs membres du BRICS à maintenir leurs liens avec Téhéran. Comme l’a déclaré le ministre iranien de l’Économie, Seyed Ali Madanizadeh : « Ils ne peuvent pas couper nos bouées de sauvetage financières ». L’Iran, fort de son appartenance au BRICS et de ses alliances stratégiques, entend résister. Le bloc des BRICS, malgré ses fissures, incarne une volonté partagée de contester l’ordre unilatéral, même si les moyens et les degrés d’engagement diffèrent sensiblement d’un État à l’autre.
M.M.
Conséquence du système néocolonial
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