APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Lexique médiatique de la guerre en Libye —5—
2 août 2011

Suite et fin du décryptage de termes très souvent utilisés par des médias pour décrire la guerre en Libye. Cette fois-ci, il est question de l’irruption du langage militaire dans les articles, et du concept de propagande, qui ne concernerait que les nouvelles diffusées par le gouvernement libyen mais pas l’OTAN.
« Sur zone »
Désigne, dans le langage militaro-médiatique, la localisation de « nos » soldats et de « nos » armes :
« L’arrivée sur zone du groupe aéronaval constitue donc un renfort important » (site du "Parisien", 22 mars) ; « Mais le coût des sorties devrait être en partie réduit avec l’arrivée mardi sur zone du porte-avions Charles de Gaulle » (site du "Nouvel Obs", 22 mars) ; « La France dispose d’une centaine de Rafale et Mirage 2000, en plus d’avions de surveillance Awacs. Un porte-hélicoptères de type Mistral était de plus récemment sur zone » (site du "Parisien", 20 mars) ; ou encore ce titre, mystérieux pour les non-initiés, sur le site du "Berry Républicain" : « Un Awacs français est sur zone dans le ciel libyen ». Diantre.
L’emploi récurrent de l’expression « sur zone » est un exemple parmi d’autres de reprise quasi-automatique de termes du langage militaire. Nouvelle confirmation de ce désolant mimétisme qui pousse nombre de journalistes qui « couvrent » les guerres à se prendre pour des militaires en singeant leur vocabulaire. Machinalement ou pour avoir le sentiment de participer à l’effort de guerre ? On ne sait… Mais chacun avouera qu’un tel mimétisme qui n’apporte rien à la précision ou à la qualité de l’information est symptomatique d’un certain journalisme de guerre, qui se fait même parfois un peu plus militaire que les propos de l’armée elle-même.
« Propagande »
Se dit (presque) exclusivement, dans les médias français, des interventions du colonel Kadhafi et de ses partisans, des informations qu’ils diffusent et des images qu’ils montrent :
« [Kadhafi] va recourir à l’arsenal complet de ses méthodes à la fois terroristes et de propagande » (Christian Makarian, site de "L’Express", 20 mars) ; « Après les premiers succès militaires, la propagande libyenne redouble » (titre d’une dépêche AFP, 11 mars) ; « À l’école de la propagande Kadhafi » (titre d’un reportage de Delphine Minoui, du "Figaro", 19 mars) ; etc.
Cette distance salutaire (et largement justifiée en l’occurrence) ne s’applique ni aux prises de position des gouvernements impliqués dans l’offensive militaire contre le régime de Kadhafi, ni aux informations distillées par leurs forces armées, ni à leur vocabulaire. Comme s’ils ne relevaient pas eux aussi d’une propagande dont le journalisme de guerre se serait affranchi. Ce dont on est en droit de douter…
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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