Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Le conflit à Gaza entraîne crise économique et sociale
13 septembre 2024, par

Un rapport d’ONU commerce et développement (CNUCED) révèle une grave crise économique dans le Territoire palestinien occupé, avec un effondrement du PIB par habitant, une pauvreté généralisée et la montée en flèche du chômage.
Le document détaille « l’ampleur stupéfiante de la dévastation économique » qui a frappé le Territoire palestinien occupé à la suite de l’opération militaire israélienne à Gaza qui a suivi les attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas. Le rapport souligne « le déclin sans précédent » de l’activité économique, dépassant de loin l’impact de toutes les confrontations militaires précédentes en 2008, 2012, 2014 et 2021.
« Les pressions inflationnistes, combinées à la montée en flèche du chômage et à l’effondrement des revenus, ont dramatiquement appauvri les ménages palestiniens », a souligné l’agence onusienne basée à Genève.
Le PIB de Gaza a chuté de 81 %
L’ effondrement économique se manifeste par une chute vertigineuse de 81 % du produit intérieur brut (PIB) de Gaza au cours du dernier trimestre 2023, entraînant une contraction de 22 % sur l’ensemble de l’année. À la mi-2024, l’économie de Gaza est tombée à moins d’un sixième de son niveau de 2022.
Dans le même temps, la Cisjordanie a connu un déclin économique aussi rapide qu’alarmant. Le rapport met en évidence des facteurs tels que l’expansion des colonies, la confiscation de terres, la démolition de structures palestiniennes et l’augmentation de la violence par les colons, facteurs qui ont gravement affecté les activités économiques.
Ces perturbations ont affecté divers secteurs économiques comme le commerce, le tourisme et les transports. En conséquence, 80 % des entreprises de la vieille ville de Jérusalem-Est ont partiellement ou totalement cessé leurs activités.
Ce ralentissement brutal a entraîné une baisse annuelle globale du PIB de 1,9 %. En outre, le PIB par habitant a diminué de 4,5 %, ce qui indique une baisse substantielle du niveau de vie et des revenus des ménages.
L’impact combiné de l’opération militaire à Gaza et de ses répercussions en Cisjordanie a provoqué un choc sans précédent qui a submergé l’économie palestinienne dans l’ensemble du territoire occupé, y compris Jérusalem-Est.
Pauvreté et chômage galopants
Les conditions du marché du travail en Cisjordanie se sont considérablement détériorées, 96 % des entreprises faisant état d’une baisse d’activité et 42 % d’une réduction de leurs effectifs. Au total, 306.000 emplois ont été perdus, faisant passer le taux de chômage en Cisjordanie de 12,9 % avant le conflit à 32 %. Ces pertes d’emploi ont entraîné une perte de revenu journalier estimée à 25,5 millions de dollars, érodant gravement la résistance économique des ménages palestiniens et exacerbant les difficultés sociales.
Mais c’est à Gaza où la situation est « particulièrement désastreuse », avec les deux tiers des emplois d’avant-guerre - environ 201.000 postes - perdus dès janvier 2024. Cela a encore aggravé la crise économique et humanitaire déjà importante dans la bande de Gaza.
Dans ces conditions, la pauvreté s’est généralisée et a augmenté ces dernières années. Avant octobre 2023, 80 % de la population de Gaza dépendait de l’aide internationale. Actuellement, la pauvreté touche la quasi-totalité de la population de Gaza et augmente rapidement en Cisjordanie.
Les déductions et les retenues de recettes minent l’Autorité palestinienne
Sur un autre plan, les baisses de revenus et la diminution de l’aide paralysent la capacité de fonctionnement du gouvernement palestinien. Depuis octobre 2023, les déductions de revenus et les retenues par Israël ont augmenté pour atteindre un total de plus de 1,4 milliard de dollars entre 2019 et avril 2024. Ce montant représente 8,1 % du PIB de la Palestine en 2023, ce qui entraîne d’importants déficits budgétaires.
Dans le même temps, l’aide des donateurs internationaux est tombée à son niveau le plus bas en 2023, soit 358 millions de dollars, ce qui équivaut à seulement 2 % du PIB, alors qu’elle s’élevait à 2 milliards de dollars, soit 27 % du PIB, en 2008.
La situation a également entraîné une augmentation de la dette. Depuis novembre 2021, les fonctionnaires n’ont reçu que partiellement leurs salaires.
Appel à l’action
Le rapport appelle à une intervention immédiate et substantielle de la communauté internationale pour mettre fin à la dégringolade de l’économie, résoudre la crise humanitaire et jeter les bases d’une paix et d’un développement durables.
Il s’agit notamment d’envisager un plan de relance global pour le Territoire palestinien occupé, d’accroître l’aide et le soutien internationaux, de débloquer les recettes retenues et de lever le blocus de Gaza.
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