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Ouverture des négociations sur la Syrie
24 janvier 2014, par

Pour la première fois depuis le début du conflit en Syrie, en mars 2011, des représentants du gouvernement de Bachar Al-Asad et l’opposition se sont entretenus à Genève. L’objectif est une issue politique à cette guerre civile, qui a fait au moins 130.000 morts et poussé des millions de Syriens à quitter leur pays.
Après des mois à la communauté internationale de négociation, la Coalition nationale syrienne (CNS), principal groupement de l’opposition syrienne à l’étranger, a accepté de discuter avec le régime syrien. « Cela a été longtemps inimaginable et il ne faut pas sous-estimer la difficulté que cette décision a représentée pour l’opposition », a indiqué un diplomate européen à l’Agence France Presse.
Une première réunion baptisée Genève I avait été organisée en juin 2012, mais sans les représentants du président syrien, Bachar Al-Asad. Cette conférence a d’ailleurs abouti à la publication d’un communiqué appelant à la formation d’un gouvernement de transition ayant les « pleins pouvoirs exécutifs ».
La première journée de la conférence Genève II s’est achevée, mercredi 22 janvier à Montreux, sur la promesse des délégations du gouvernement syrien et de l’opposition de s’asseoir à la même table des négociations à partir d’aujourd’hui. Dans un climat de grande tension, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a exhorté les participants et les deux délégations syriennes à modérer leur langage et à se comporter en hommes d’Etat, alors que la rencontre a tourné au dialogue de sourds entre « rhétorique incendiaire », « élucubrations agressives » et accusations de « trahison ».
Les discussions directes devraient durer une semaine environ puis reprendre, après une pause, pour une deuxième session de pourparlers, a indiqué aux médias, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Ce dernier a affirmé que « L’essentiel est d’entamer le processus », ajoutant que les Nations unies, les Etats-Unis et la Russie cherchaient à obtenir un accord entre les deux camps sur un échange de prisonniers.
Walid Mouallem, ministre des affaires étrangères de la Syrie, a dénoncé les Occidentaux et Arabes qui financeraient l’insurrection, les accusant d’avoir « exporté le terrorisme » dans son pays et d’avoir « le sang des Syriens sur leurs mains ». Selon les observateurs ces accusations désignent l’Arabie saoudite et le Qatar, qui arment et financent les brigades rebelles, Walid Mouallem a dénoncé « les pétrodollars qui servent à inonder les médias internationaux de mensonges et à envoyer des mercenaires » sur le champ de bataille syrien, a relevé Le Monde.
L’homme fort de Bachar Al-Asad a également accusé directement le premier ministre de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, car ce dernier laisse rentrer « les terroristes » sur son territoire. Pour conclure son intervention, Walid Mouallem a proposé aux occidentaux : « Travaillons main dans la main pour arrêter cette idéologie obscurantiste ». De son côté, Ahmed Jarba, patron de la Coalition nationale syrienne, a rappelé que la crise actuelle a commencé par des « manifestations pacifiques, vendredi après vendredi ». Rendant hommage au jeune Hamza Al-Khatib, l’un des martyrs emblématiques de la révolution, torturé à mort par les services de sécurité syriens, ce dernier a fait allusion à un récent rapport, dévoilé par CNN et The Guardian, qui révèle, photographies des cadavres à l’appui, que 11.000 détenus ont été exécutés dans les geôles syriennes.
Après avoir accusé le pouvoir syrien de « faciliter le travail de Da’ech », l’acronyme arabe de l’Etat islamique en Irak et au Levant, a indiqué Le Monde. Ahmed Jarba est revenu sur les raisons de la conférence de la paix : « consentement mutuel », visant la création d’une instance de gouvernement transitoire dotée des pleins pouvoirs exécutifs. les négociations devraient être tendues, car deux jours avant la conférence, le président syrien Bachar al-Assad a annoncé dans une interview exclusive à l’AFP qu’il y avait de « fortes chances » qu’il brigue un nouveau mandat et exclu de confier un futur gouvernement à un opposant.
SaiLin
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