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Au moins 500 morts en une journée
16 août 2013

L’armée a pris le contrôle des deux sites dans la capitale du Caire que les partisans du président déchu, Mohamed Morsi, occupaient depuis plus d’un mois en réclamant sa réinstallation. Cette opération s’est conclue par un bain de sang : au moins 500 morts. Les Frères musulmans appellent à la manifestation, ils ont été entendus, et les affrontements continuaient hier partout en Égypte. Les ingrédients de la guerre civile sont réunis dans un pays de 80 millions d’habitants qui garantissait jusqu’à présent une certaine stabilité au Moyen-Orient.
Mercredi, les forces fidèles à l’armée ont pris d’assaut les deux places servant de lieu de rassemblement aux Frères musulmans. La répression a tourné au bain de sang.
Jeudi matin, les chiffres officiels indiquaient que 235 civils et 43 policiers ont été tués. Quelques heures plus tard, il était réévalué à 525 morts. Mais les Frères musulmans, qui soutiennent M. Morsi et ont organisé les sit-in, ont affirmé que plus de 2.000 personnes ont été tuées. Trois journalistes ont également trouvé la mort dans les affrontements.
L’Égypte est sous état d’urgence pour un mois, alors qu’un couvre-feu nocturne de 19 heures à 6 heures du matin (heure locale) a été décrété.
Le vice-président Mohamed El-Baradei a démissionné mercredi du gouvernement intérimaire, en déclarant qu’il est devenu difficile pour lui de continuer à porter la responsabilité de décisions qu’il n’approuve pas et dont il craint la conséquence. « Je ne peux assumer la responsabilité d’une seule goutte de sang », a-t-il dit.
Des images diffusées en direct à la télévision mercredi ont montré des bulldozers se dirigeant sur les manifestants sur les sites de Rabaa al-Adouia à Nasr City, à l’Est du Caire, et sur la Place Nahda, à l’Ouest. Des gaz lacrymogènes ont été employés pour déloger les dizaines de milliers de partisans de M. Morsi qui réclament sa réinstallation au pouvoir depuis qu’il a été renversé par l’armée le 3 juillet. Le gouvernement intérimaire a déclaré tenir les Frères musulmans pour responsables de cette violence. Des affrontements ainsi que des attaques d’églises ont été rapportés dans d’autres villes du pays.
Pays suspendu par l’Union africaine
L’armée a renversé le Président Morsi après plusieurs jours de manifestations sur la Place Tahrir du Caire par des dizaines de milliers de personnes qui l’accusaient de privilégier le programme des Frères musulmans plutôt que le développement du pays. Les initiatives diplomatiques de l’Union européenne et des États unis pour résoudre pacifiquement cette crise ont échoué.
Les États-Unis et l’ONU font partie des institutions et des pays qui ont condamné le bain de sang en Égypte.
Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné, dans les termes les plus fermes, la violence et invité tous les Égyptiens à se concentrer sur la promotion d’une réconciliation inclusive. Il a déploré l’usage de la force par les autorités égyptiennes pour réagir aux manifestations en cours.
M. Ban a présenté ses condoléances aux familles des personnes tuées et souhaité le prompt et complet rétablissement de tous les blessés.
L’Union africaine (UA) a suspendu l’Égypte de son organisation de 54 membres, en indiquant que le renversement du Président Morsi constituait un changement de gouvernement inconstitutionnel, prohibé par l’Acte constitutif de l’UA.
| Un gouvernorat incendié hier Des manifestants islamistes ont mis le feu jeudi au siège de l’administration d’une province au Caire, au lendemain de la dispersion meurtrière par la police et l’armée des rassemblements des partisans du président déchu Mohamed Morsi, a annoncé la télévision d’État. La télévision privée CBC montrait également des images du siège du gouverneur de la province de Guizeh en feu. Guizeh est une province qui fait partie de la métropole du Caire. |
| L’Afrique du Sud condamne la répression Le gouvernement sud-africain a condamné l’usage de la violence par les forces de sécurité égyptiennes pour disperser les manifestants pro-Morsi au Caire et dans d’autres villes du pays. « Il est vital pour tous les Égyptiens d’adhérer à l’esprit de réconciliation nationale qui va ramener la paix et la stabilité en Égypte », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Clayson Monyela. « L’Afrique du Sud reste prête à aider l’Égypte en partageant les expériences et les leçons de notre propre transition politique de l’apartheid à un régime démocratique », a indiqué M. Monyela. |
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