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Menace de guerre civile en Égypte
27 juillet 2013, par

Le chef de l’armée a appelé les Égyptiens à manifester vendredi pour « en finir avec le terrorisme », au moment même où les partisans du président destitué Mohamed Morsi, ont décidé de se mobiliser.
Cette nouvelle journée de mobilisation pourrait entraîner une confrontation pro et anti-Morsi. Pour le chef de l’armée et ministre de la Défense Abdel Fattah Al-Sissi, il s’agit de lutter contre le « terrorisme » et de l’autre côté, pour l’un des dirigeants des Frères musulmans, Essam Al-Erian, il s’agit d’un « appel à la guerre civile ».
La tension monte
Un tribunal du Caire a ordonné le placement en détention préventive du président destitué, Mohammed Morsi, pour des liens qu’ils auraient eus avec le Hamas palestinien lors d’attaques contre la police et une évasion de prison début 2011, a rapporté vendredi l’agence officielle Mena, cité par l’Agence France Presse. Détenu au secret par l’armée depuis sa destitution, Mohammed Morsi a été formellement placé en détention pour une durée maximale de quinze jours dans le cadre de cette procédure, qui se traduit par un « retour en force » de l’ancien pouvoir d’Hosni Moubarak, ont dénoncé les Frères musulmans.
De leurs côtés, les militaires n’ont pas hésité à laisser planer un ultimatum aux Frères musulmans, qui doivent se rallier à un processus de réconciliation politique qu’ils n’ont pas reconnu d’ici samedi après-midi. « Nous ne prendrons pas l’initiative, mais nous réagirons en revanche avec dureté à tout appel à la violence ou au terrorisme noir émanant des dirigeants de la confrérie ou de leurs partisans. Nous nous engageons à défendre les manifestants pacifiques quelle que soit leur appartenance », ont-ils annoncé.
Tentative de calme
De nombreuses voix se sont élevées pour tenter de calmer les tensions, Hicham Qandil, ancien premier ministre du président déchu Mohamed Morsi, a proposé un compromis. Ce dernier a déclaré, sur les réseaux de partage de vidéos, qu’il fallait « cesser l’effusion de sang », proposant la libération des personnes arrêtées depuis la destitution de Mohammed Morsi, le 3 juillet.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a appelé « toutes les parties à faire preuve d’un maximum de retenue » , pour Amnesty International, « l’appel du général Sissi fait redouter que les forces de sécurité ne se préparent à utiliser la force pour mettre fin aux manifestations des pro-Morsi ». De son côté, la France a exprimé « sa vive préoccupation », appelant à respecter le droit à manifester pacifiquement, a indiqué jeudi 25 juillet, le ministère des Affaires étrangères.
« Il importe que la transition politique se fasse dans le respect des droits de l’homme, de l’État de droit et du pluralisme en permettant la participation de toutes les forces et sensibilités politiques », a déclaré dans les médias le porte-parole du Quai d’Orsay Philippe Lalliot. Cependant, pour le guide suprême des Frères musulmans les manifestations de la confrérie sont « contre le coup d’État sanglant » qui a renversé Mohammed Morsi, celles-ci devaient selon lui être « pacifiques ».
Céline Tabou
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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