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Soupçon d’utilisation de gaz de combat en Syrie
23 août 2013

Alors que le ministre français des Affaires étrangères fait monter la tension en demandant une « réaction de force », l’ONU adopte une tout autre attitude et demande de faire toute la lumière sur cette affaire. Si du côté des Occidentaux, les accusations visent le pouvoir syrien, rappelons que la Russie a déjà affirmé détenir des preuves d’utilisation d’armes chimiques par les opposants au régime.
Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exprimé mercredi sa consternation concernant les rapports d’allégations de l’utilisation d’armes chimiques dans la banlieue de Damas, en Syrie, et ce, alors que l’équipe de l’ONU chargée d’enquêter sur la question mène actuellement les travaux dans d’autres sites du pays.
L’équipe « suit attentivement la situation en Syrie, et reste pleinement engagée dans le processus d’investigation mandaté par le Secrétaire général », a déclaré le porte-parole de M. Ban aux journalistes à New York.
Suite à une réunion d’urgence au Conseil de sécurité, le Vice-secrétaire général, Jan Eliasson, a déclaré que M. Ban est prêt à demander des enquêtes sur les dernières allégations.
Mission de 14 jours
« Nous espérons que nous serons en mesure de mener l’enquête », a déclaré M. Eliasson lors d’un point presse à l’extérieur de la salle du Conseil de sécurité, en réaffirmant la nécessité de mettre fin aux hostilités.
De son côté, la Représentante argentine, Maria Cristina Perceval, qui assume la présidence du Conseil de sécurité pendant le mois d’août, a affirmé les « graves préoccupations des membres du Conseil » concernant les allégations, et un sentiment général qu’il est nécessaire de faire la lumière sur ce qui s’est passé. Les membres du Conseil ont souligné qu’ils suivaient attentivement la situation.
L’équipe de l’ONU est censée passer 14 jours avec une possible extension, afin de faire la lumière sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques par les forces gouvernementales à Khan al-Asal, ainsi que deux autres allégations rapportées par des États membres.
Nécessité d’une enquête
Selon l’accord conclu à Damas en juillet dernier, les deux parties discutent en parallèle d’autres allégations et des sites qui y sont relatifs.
« Le professeur Åke Sellström discute avec le gouvernement syrien de toutes les questions relatives aux allégations de recours aux armes chimiques, y compris l’incident rapporté le plus récemment », a souligné le porte-parole.
Il a ajouté que Ban Ki-moon est conscient qu’un certain nombre d’États membres, la Ligue des États arabes et l’Union européenne ont exprimé de profondes préoccupations s’agissant des derniers rapports sur une possible utilisation d’armes chimiques.
Selon son porte-parole, M. Ban a rappelé que l’usage d’armes chimiques constitue une violation du droit international, quelles que soient les circonstances. Il a réaffirmé la nécessité d’une enquête exhaustive sur les incidents allégués.
| Qui a lancé l’attaque ? C’est mercredi que l’annonce a été faite. Des images diffusées par l’opposition sont utilisées pour accuser le pouvoir syrien d’utiliser des gaz de combat contre sa propre population, dans la banlieue de la capitale Damas. Tout d’abord, il avait été question de bombardements ayant tué une centaine de personnes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Puis c’est la Coalition nationale qui a annoncé plusieurs centaines de morts suite à l’utilisation d’armes chimiques. Enfin, depuis la Turquie, un membre de l’opposition en exil a dit que 1.300 personnes étaient décédées. L’ONU a demandé qu’une enquête fasse toute la lumière pendant que des dirigeants de pays occidentaux mettaient la pression pour soutenir l’opposition. Selon "Le Monde", Laurent Fabius a, lui, demandé une « réaction de force » de la communauté internationale s’il y a la preuve de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. « Il y a des possibilités de répliquer », a-t-il assuré. M. Fabius a précisé qu’il n’était « pas question d’envoyer des forces militaires. C’est impossible » . Il a ajouté que si le Conseil de sécurité ne pouvait prendre de décisions, « à ce moment-là, les décisions doivent être prises d’une autre façon. Comment ? Je n’irai pas plus loin » . "Le Monde" rappelle que jeudi, l’Iran, principal allié du régime d’Assad, a déclaré que le gouvernement syrien ne pouvait être l’auteur d’attaques chimiques, dans la mesure où le régime a d’ores et déjà le dessus sur le plan militaire. « Si le recours à des armes chimiques est avéré, il sera le fait de groupes terroristes, car ceux-ci ont prouvé par leurs actes qu’ils ne reculent devant aucun crime », a argué le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. Un haut responsable des services de sécurité à Damas, cité par "Le Monde", a avancé jeudi que faire usage d’armes chimiques alors qu’étaient présents à Damas des experts de l’ONU aurait été « un suicide politique » . « Tous les analystes affirment qu’il n’est pas dans notre intérêt dans les circonstances actuelles d’utiliser des armes chimiques alors que la commission se trouve sur place , a argué ce responsable. A travers ces accusations, [l’opposition] veut porter atteinte au travail des experts et brouiller les cartes ». |
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