Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’UGTT craint une explosion sociale en Tunisie

7 ans après le Printemps arabe

Témoignages.re / 5 décembre 2017

C’est la Tunisie qui avait été le point de départ du Printemps arabe fin 2010. 7 ans plus tard, les syndicalistes sont très inquiets sur l’évolution de la situation.

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L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a mis en garde dimanche contre la situation politique et sociale critique qui sévit en Tunisie, affirmant que cette crise exige d’elle de continuer à jouer son rôle national pour sauver le pays, restant en ce sens fidèle à l’apport des combattants de l’UGTT, notamment le chef syndical, Farhat Hached, dont les syndicalistes célèbrent lundi le 65éme anniversaire de l’assassinat, survenu le 5 décembre 1952.

Dans un communiqué publié dimanche, à la veille de la célébration de l’assassinat de Farhat Hached par « La Main Rouge » pendant l’occupation française, l’UGTT insiste sur la nécessité de trouver les meilleures solutions pour garantir le droit au développement, à l’emploi, à la liberté et au droit à la dignité. Selon l’organisation, la réalisation du développement est, en grande partie, tributaire de la stabilité politique dans le pays, de la mise en place d’une législation adéquate et du parachèvement de la création des instances et institutions, tout en imposant une réalité politique dans laquelle les partis rivaliseront par programmes.

La centrale syndicale a mis en garde contre une “explosion” sociale induite par l’exacerbation de la tension sociale, soulignant sa détermination à poursuivre la lutte pour renforcer les acquis des travailleurs, défendre leur pouvoir d’achat et lutter contre la spéculation et la hausse continue des prix. L’UGTT a également souligné que les défis de la réalité exigaient des centrales syndicales et des syndicalistes la nécessité de s’armer pour défendre les intérêts des travailleurs et renforcer leurs acquis et ce, par la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, la contrebande et l’évasion fiscale dans le droit fil de l’instauration d’une justice sociale.

L’UGTT, qui a joué un rôle central dans la lutte pour l’indépendance, en étant à l’origine de l’exceptionnelle mobilisation des Tunisiens du 17 août 1946, a lancé, en 2011, lorsque le pays a été bloqué par l’insurrection populaire, l’initiative d’un dialogue sérieux qui a empêché la Tunisie de s’effondrer et de plonger dans l’anarchie. Cette initiative est soutenue par l’Union tunisienne de l’industrie et du commerce, le Barreau de Tunis et la Ligue tunisienne de défense des droit de l’homme, un quartet qui a permis par son initiative de sauver le pays et de recevoir une grande considération aux plans national et international, lui valant d’obtenir le Prix Nobel de la Paix en 2015.