Moyen-Orient et Afrique du Nord

La loi sur la réconciliation administrative suscite débat en Tunisie

Les profiteurs de l’ancien régime rembourseront avec des intérêts en plus

Témoignages.re / 27 octobre 2017

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a ratifié mardi la loi de réconciliation administrative, a annoncé le site web officiel de la présidence de la République tunisienne. Le président tunisien peut désormais amnistier des milliers de fonctionnaires de l’Etat et des hommes ďaffaires qui ont pillé les finances publiques sous le régime de Zein Abedine Ben Ali (1987-2011) à condition qu’ils les remboursent avec intérêts.

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Cette loi avait suscité plusieurs polémiques et une grande division au sein de la classe politique et des organisations de la société civile, poussant de nombreuses forces politiques à organiser des marches dans les rues pour dénoncer le texte afin ďempêcher son adoption par l’Assemblée des représentants du peuple tunisien.

Après le retrait des partis de l’opposition de la séance plénière du Parlement le 13 septembre dernier, la majorité composée des députés de Nidaa Tounes et du mouvement pro-islamique, Ennehdha (coalition au pouvoir) a adopté le projet de loi avec 117 voix, 9 contre et 1 abstention.

Le projet de loi vise à créer un environnement propice à la libéralisation de l’entrepreneuriat dans l’administration, à la promotion de l’économie nationale et au renforcement de la confiance dans les institutions étatiques, a indiqué le site web de la présidence.

En revanche, l’activiste politique, Faissal Aboudi (42 ans) a indiqué que la loi ne respecte pas l’esprit de la justice transitionnelle et constitue une ouverture pour consolider la coalition au pouvoir entre le parti Nidaa Tounes et le mouvement Ennehdha, basé sur des intérêts partisans et une vision électoraliste. « Comment justifier l’équation de la lutte contre la corruption dans laquelle est engagé le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, avec l’adoption ďune telle loi qui amnistie des corrompus contre des deals financiers sans prendre en compte le préjudice porté contre la société qu’ils ont exploitée pendant plusieurs année ?’, s’est-il interrogé.