Guerre en Irak

Le bilan est clair :
Un manque absolu de préparation, :
Un désastre humanitaire, :
Un gouffre économique,

21 mars 2008

Malheureusement, le bilan est clair. Un manque absolu de préparation. Un désastre humanitaire. Un gouffre économique - au moins 1.000 milliards de dollars dépensés, peut-être le triple - dont les Etats-Unis et une bonne partie de la planète commencent à mesurer pleinement les conséquences. Un chaos politique, mais aussi une aberration stratégique.

Malheureusement, le bilan est clair. Un manque absolu de préparation. Un désastre humanitaire. Un gouffre économique - au moins 1.000 milliards de dollars dépensés, peut-être le triple - dont les Etats-Unis et une bonne partie de la planète commencent à mesurer pleinement les conséquences. Un chaos politique, mais aussi une aberration stratégique. La guerre d’Irak n’a fait qu’accélérer le processus auquel elle était censée répondre : elle a largement contribué à multiplier les menaces liées aux islamistes et à Al-Qaida. Elle a placé l’Iran au centre du jeu. Elle a transformé le monde en un lieu moins sûr, pour reprendre à l’envers une formule dont le Président George Bush n’a cessé d’abuser au cours de ce dernier lustre.
Aujourd’hui, même ceux qui se trouvaient dans le bâtiment du Pentagone le 11 septembre 2001, lorsqu’il a été frappé par l’un des 4 avions transformés en armes meurtrières, se mettent à table. Leurs aveux vont tous dans le même sens. Cinq ans après, l’aventure irakienne apparaît pour ce qu’elle est : une pure catastrophe.
Le temps est largement venu de tenter de réparer. En pleine campagne électorale, les Etats-Unis le savent mieux qu’aucun autre pays. Mais jusqu’ici, la trêve relative obtenue par l’envoi à Bagdad de 30.000 soldats supplémentaires a agi comme une sorte d’anesthésiant. L’urgence semble moins évidente. Les préoccupations économiques prennent le relais. La course à la présidence tient certes le monde en haleine, mais son inhabituelle longueur et son indécision menacent de la transformer en un pur jeu électoral où tous les coups sont permis.
Abîmés dans la rivalité électorale, les candidats surenchérissent d’arguments pour prouver qu’ils seront un meilleur commandant en chef que leurs rivaux. Mais ils tardent à expliquer comment ils appliqueront concrètement leur supériorité supposée pour mettre un terme au bourbier. C’est sur ce terrain-là que les Américains les attendent aujourd’hui. Que les Irakiens les attendent. Que le monde entier les attend.

Luis Lema - “Le Temps


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