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Egypte
27 décembre 2013

Bien qu’élus démocratiquement, le gouvernement égyptien a accusé mercredi 25 décembre, les Frères musulmans d’être responsables de l’attentat de la veille contre la police. La confrérie a alors été officiellement déclarée organisation terroriste.
Le vice-Premier ministre égyptien, Hossam Eissa, a annoncé que la confrérie des Frères musulmans, créé en 1928, été déclarée « organisation terroriste », ajoutant que le gouvernement avait décidé de « punir conformément à la loi quiconque appartiendrait à ce groupe ».
D’après des responsables des services de sécurité, cité par l’Agence France Presse, mardi 25 décembre, une voiture chargée de plusieurs dizaines de kilogrammes d’explosifs a explosé devant un bâtiment de la police à Mansoura, chef-lieu de la province de Daqahleya. Cet attentat a causé la mort de 14 personnes et blessé une centaine d’autres, selon des sources médicales locales.
Cet attaque à la voiture piégée a été particulièrement sanglante, elle survient trois semaines après le référendum constitutionnel destiné à constituer la première étape de la « transition démocratique » promise par l’armée, lors de l’arrestation et de la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet.
Selon certains observateurs, « l’Egypte s’est engagée début juillet dans un engrenage de la violence », avec d’un côté, le nouveau pouvoir qui « réprime dans le sang les manifestants pro-Morsi », a indiqué l’AFP. Et de l’autre, « une campagne qui s’est soldée à ce jour par plus d’un millier de morts et des milliers d’arrestations ».
Face à cette attaque, « le Premier ministre Hazem Beblawi a déclaré les Frères musulmans organisation terroriste », a indiqué son conseiller Chérif Chawqi, à l’agence de presse officielle Mena. Cette décision arrive alors que les nouvelles autorités dirigées par l’armée accusent régulièrement les Frères musulmans d’aider et de financer les auteurs des attaques. Cependant, des groupes jihadistes, dont certains liés à Al-Qaïda, revendiquent souvent ces attentats contre la police et l’armée.
De son côté, le ministre de la Solidarité sociale, Ahmad el-Boraie, a ajouté que « toutes ses activités » étaient désormais interdites, notamment « les manifestations », devenues quotidiennes depuis la chute de l’ancien président, Mohamed Morsi, élu en juin 2012. Toutefois, la quasi-totalité de la direction de la confrérie se trouve actuellement derrière les barreaux et nombre d’entre eux font l’objet de poursuites, en particulier pour la mort de manifestants anti-Morsi.
Depuis l’annonce, une dizaine de personnes a été arrêtée à Alexandrie (nord) et placés en détention pour 15 jours dans le cadre de l’enquête. L’agence Mena a ajouté que 11 autres personnes ont été mises en détention dans la province de Charqiya, dans le delta du Nil, pour « appartenance et promotion des idées d’une organisation terroriste » et « incitation à la violence ».
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