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Irak
Alors que l’agression commanditée par George Bush se poursuit
10 avril 2003

Les hôpitaux de la capitale irakienne peinent à soigner les victimes des armées américaines et britanniques, faute de personnel et de matériel. Les agences humanitaires s’inquiètent aussi du manque d’eau potable et du sort des enfants.
Face à l’afflux de blessés, « à Bagdad, les hôpitaux ont atteint les limites de leurs capacités » en personnel et en matériel, avertit une porte-parole du Comité international de la Croix-rouge (CICR) Nada Doumani. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, l’hôpital Al-Yarmouk de Bagdad a accueilli jusqu’à 100 blessés par heure tandis que celui de Mahmoudiya, au Sud de la capitale, n’est plus en mesure de traiter les victimes de la guerre.
Iain Simpson, porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a fait état d’un « grand nombre de victimes civiles » dans les derniers combats, sans donner de chiffre précis. Les médecins doivent faire face désormais à davantage de blessures par éclats d’obus ou de brûlures.
« Les stocks de fournitures (médicales) s’amenuisent, en particulier le matériel d’urgence », a constaté Iain Simpson. L’OMS dispose d’importants stocks de fournitures médicales entreposés en Jordanie et souhaite les faire parvenir le plus vite possible à Bagdad mais n’a pas encore pu le faire pour des raisons de sécurité, a expliqué Iain Simpson. Autre gros problème : les bombardements américains sur les centrales électriques privent les hôpitaux de courant. L’alimentation par les générateurs de secours ne peut être qu’une « solution temporaire », précise Nada Doumani.
Les agences humanitaires s’inquiètent aussi des effets du manque d’eau potable, aggravé par les coupures d’électricité qui empêchent les stations d’épuration de fonctionner. « De plus en plus d’enfants souffrent de diarrhée car ils boivent de l’eau contaminée », a indiqué un porte-parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) Damien Personnaz. L’organisation estime par ailleurs que 10% des enfants irakiens présents dans les zones de combat comme Bagdad ou le Sud du pays pourraient souffrir de « traumatisme psychologique aigu », notamment s’ils ont vu leurs proches être tués ou blessés.
| Le P.N.U.E. pour l’étude de l’impact des munitions à l’uranium appauvri en Irak |
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| Alors que les armées d’invasion poursuivent leur campagne militaire en Irak, le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) recommande l’évaluation scientifique, dès que la situation le permettra, des sites irakiens ayant été la cible d’armes américaines contenant de l’uranium appauvri (UA).
Les études menées dans les Balkans, dans les années 90, sur les sites ayant fait l’objet d’attaques à l’aide d’armes à l’uranium appauvri au cours des conflits en Bosnie et au Kosovo, ont été les premières évaluations internationales menées sur le terrain afin de déterminer les effets de l’uranium appauvri sur l’environnement. « Bien que les études que nous avons menées jusqu’ici, dans les conditions qui prévalent dans les Balkans, aient conclu que la contamination causée par l’uranium appauvri ne pose pas des risques immédiats pour la santé de l’homme et l’environnement, il demeure que l’uranium appauvri reste une importante source de préoccupation pour les populations en général », a déclaré le directeur exécutif du PNUE, Klaus Toepfer, dans un communiqué rendu public lundi, à Nairobi. « Une étude précoce menée en Irak, pourrait, soit apaiser ces craintes, soit confirmer qu’il existe réellement des risques potentiels qui pourraient être pris en charge par des actions immédiates », a-t-il affirmé. « Grâce à son expérience et à son expertise, le PNUE est en mesure de procéder à des évaluations de l’uranium appauvri en Irak, en coopération avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et d’autres partenaires », a indiqué Klaus Toepfer. L’Unité d’évaluation post-conflit du PNUE a rendu publique des évaluations sur l’impact de l’uranium appauvri au Kosovo en 2001, en Serbie et au Monténégro (2002) en Bosnie-Herzégovine (2003). Les évaluations ont été menées avec la participation d’experts et de laboratoires de premier plan, la collaboration de l’AIEA et de l’OMS et la coopération pleine et entière de l’OTAN. Dans leurs conclusions, les trois études constatent que si des niveaux de radiation peuvent être détectés sur les sites ayant reçu des armes à l’uranium appauvri, lesdits niveaux sont faibles. Parallèlement, les études ont identifié un certain nombre de zones d’ombre scientifiques qui pourraient faire l’objet d’examens plus poussés. Il s’agit notamment, de déterminer dans quelle mesure l’uranium appauvri peut s’infiltrer dans le sol et contaminer la nappe phréatique, ainsi que la possibilité, pour les poussières d’uranium appauvri, d’être à nouveau dispersées dans l’air par le vent ou du fait de l’activité humaine, avec le risque de les voir inhalées par les individus. Le Dr Toepfer a indiqué qu’une étude précoce, réalisée en Irak, pourrait contribuer considérablement à comprendre comment l’uranium appauvri se comporte dans l’environnement. Elle pourrait également, montrer s’il subsiste ou non, des risques induits par la première guerre du Golfe. Le directeur exécutif du PNUE a révélé que le PNUE va publier, d’ici la fin du mois, une « étude documentaire » sur l’environnement, susceptible de fournir les informations de base nécessaires pour des recherches sur le terrain. Ces recherches permettront d’examiner les risques qui menacent la nappe phréatique, les eaux de surface, les sources d’eau potable, la gestion des déchets et autres infrastructures liées à l’environnement, les usines ainsi que les autres sources potentielles de produits chimiques toxiques et la biodiversité. En sus de son travail dans les Balkans, le PNUE a récemment publié des évaluations post-conflit sur l’Afghanistan et les territoires palestiniens occupés. |
| An plis ke sa |
| Une réunion à l’O.N.U. pour faire cesser la guerre |
| Le groupe des nations arabes aux Nations Unies a officiellement demandé mardi la tenue d’une Assemblée générale sur l’Irak, dont il espère qu’elle permettra l’adoption d’une résolution appelant à un cessez-le-feu dans le pays cible d’une meurtrière invasion depuis trois semaines.
L’ambassadeur du Yémen auprès des Nations Unies, Abdullah Alsaidi, président du groupe arabe ce mois-ci, a envoyé une lettre au président de l’Assemblée générale Jan Kavan demandant que l’Assemblée ajoute à son agenda une réunion sur la situation en Irak, a annoncé le porte-parole de l’Assemblée Richard Sydenham. Le Comité général de l’Assemblée se réunira vendredi matin pour étudier la requête, a-t-il précisé. Le nouvel agenda doit être approuvé par au moins 15 des 28 membres du comité. S’il est approuvé, les 191 membres de l’Assemblée générale devront voter pour adopter la modification de l’agenda. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a nommé lundi son conseiller spécial, Rafeeuddin Ahmed, comme fonctionnaire chargé de la liaison entre l’Irak d’après-guerre et l’Organisation mondiale. Kofi Annan a dit aux journalistes que Rafeeuddin Ahmed avait déjà commencé à évaluer ses nouvelles responsabilités. « Son rôle sera de réfléchir sur le futur de l’Irak, sur le rôle que pourrait y jouer l’ONU et d’informer, en permanence, les membres du Conseil et tous les autres membres impliqués », a-t-il expliqué. « Je m’attends à ce que l’ONU joue un rôle important, et elle a eu une bonne expérience en la matière, s’il s’agit d’aider politiquement à l’émergence d’une nouvelle administration ou d’une administration intérimaire », a souligné le secrétaire général de l’ONU. Il a ajouté : « Nous avons déjà travaillé dans le domaine de la reconstruction, avec des pays donateurs et d’autres agences de l’ONU. Vous avez vu le travail qu’a accompli l’ONU dans le domaine des droits humains et de l’État de droit ». Kofi Annan a précisé qu’étant donné que l’Irak possédait une Fonction publique efficace, des ingénieurs et d’autres professionnels qui pourraient jouer un rôle dans la reconstruction de leur pays, la participation des Nations Unies dans les efforts d’après-guerre serait limitée. « Les Irakiens doivent prendre en mains leur propre futur, et contrôler leurs ressources naturelles », a-t-il dit. Il a ajouté : « Nous devons déployer tous nos efforts pour aider à l’émergence d’une nouvelle direction ou à la mise en place d’une nouvelle situation ». Par ailleurs, en réponse aux déclarations de George Bush et de Tony Blair au sujet du rôle que devrait jouer, selon eux, les Nations Unies lorsque la guerre cessera, le porte-parole de l’ONU, Fred Eckhard, a déclaré mardi qu’« il appartiendra au Conseil de sécurité de décider du rôle futur de l’ONU en Irak ». « On ne sera pas déçu si ce rôle se limitera à l’action humanitaire, mais nous estimons que ce serait peu judicieux », a-t-il toutefois ajouté, rappelant l’expérience acquise par l’ONU dans la gestion des situations post-conflictuelles, notamment en Afghanistan. Le président soudanais Omar El Béchir a averti les pays arabes qu’ils pourraient être les prochaines cibles après l’Irak, qui fait actuellement face à « une guerre illégale et injustifiée » menée par une alliance dirigée par les États-Unis. « Il y a une menace d’expansion de cette guerre et de ses répercussions dans les autres pays de la région qui a commencé à se profiler au-delà de l’Irak », a déclaré lundi Omar El Béchir devant le Parlement soudanais. Il a demandé un arrêt immédiat de cette guerre qui fait de plus en plus de victimes innocentes en Irak. « Ce qui aggrave les inquiétudes est la dégradation de la situation en Palestine et le bilan des victimes qui s’alourdit, ainsi que le déplacement et l’élimination du peuple palestinien », a-t-il souligné. Le président soudanais a salué « la persévérance du peuple irakien face à cette agression ». Il a appelé au retrait des forces participant à « cet acte illégitime d’agression » et demandé que les Nations Unies se montrent « à la hauteur de leur première mission qui est de maintenir la paix et la sécurité internationales ». Des organisations syndicales et de la société civile soudanaises ont organisé des manifestations pour protester contre la guerre en Irak ces 30 derniers jours. Quelque 10.000 Mauritaniens ont manifesté mardi dans les rues de la capitale Nouakchott leur hostilité contre l’agression anglo-américaine contre l’Irak. De nombreux manifestants ont scandé des slogans anti-américains et appelé à défendre le peuple irakien. Aucun incident majeur n’a été signalé lors de cette manifestation pourtant interdite par les autorités. La Mauritanie, qui est constitutionnellement une République islamique, est néanmoins avec la Jordanie et l’Egypte l’un des tout derniers pays arabo-musulmans à entretenir des relations diplomatiques avec Israël. L’ambassade israélienne, située sur la route de l’aéroport, est placée sous très haute surveillance policière et militaire. Officiellement hostile à la première guerre du Golfe en 1991, le président Maouya Ould Taya, au pouvoir depuis 1984, a depuis opéré un spectaculaire rapprochement avec l’Occident et les États-Unis. Ainsi, en dépit de liens étroits et historiques avec le parti Baas de Saddam Hussein, les autorités mauritaniennes n’ont pas condamné officiellement l’intervention militaire anglo-américaine en Irak. En 1991, plusieurs dizaines de milliers de manifestants avaient violemment exprimé leur solidarité avec l’Irak en prenant à partie les quelque 1.500 Occidentaux installés à Nouakchott. Lapidations de véhicules, injures, avaient conduit Européens et Américains à quitter la Mauritanie ou à se réfugier pendant plusieurs jours dans l’enceinte de l’ambassade de France. |
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