Moyen-Orient et Afrique du Nord

Tunisie : manifestations contre la décision de Trump sur Jérusalem

Solidarité avec le peuple palestinien

Témoignages.re / 8 décembre 2017

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Des manifestations populaires se sont déroulées, jeudi, dans plusieurs villes tunisiennes pour dénoncer la décision prise la veille par le président américain, Donald Trump de reconnaître « officiellement » Jérusalem comme capitale d’Israël, annonçant le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville sainte.

Brandissant des drapeaux palestiniens, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à l’administration américaine et fustigeant l’occupation israélienne. « Liberté à la Palestine, les sionistes dehors ». Un grand rassemblement est prévu, vendredi à Tunis, à l’appel de la puissante centrale syndicale, l’UGTT, des partis politiques et des organisations de la société civile.

Solidarité du Parlement avec la Palestine

Suspendant provisoirement l’examen, jeudi matin, du budget de l’Etat, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (parlement tunisien), Mohamed Ennaceur a été l’interprète de cette colère, assurant le peuple palestinien de l’entière solidarité de la Tunisie. Il a annoncé qu’une motion d’indignation sera adressée au Sénat américain et que les parlements arabes, africains et européens seront saisis afin d’agir auprès des Etats-Unis afin de renoncer à cette décision. Le président Ennaceur a exhorté les députés à prendre part à une manifestation qui se tiendra, ce jeudi à la place centrale du Bardo, ainsi qu’à celle qui sera organisée, vendredi au centre-ville de la capitale.

La séance a été consacrée, sous la coupole du Bardo, décorée aux couleurs de la Palestine, à des débats sur cette question, permettant aux élus de la nation d’exprimer leurs positions.

Le syndicat des journalistes tunisiens a, lui aussi, stigmatisé la décision de Donald Trump et appelé ses adhérents à boycotter les activités de l’ambassade américaine.

Mercredi, la Tunisie a exprimé sa « profonde préoccupation » à la suite de l’annonce du chef de la Maison-Blanche. Dans un communiqué, le ministère tunisien des Affaires étrangères considère que la décision de Washington constitue « une atteinte radicale au statut légal et historique de la ville sainte et une violation des résolutions des Nations Unies y afférentes ».

Attaque contre le processus de paix

Elle enfreint aussi les accords entre les parties palestinienne et israélienne conclus sous l’égide de Washington et qui stipulent que le statut d’Al Qods doit être déterminé dans les négociations sur un règlement final, ajoute le communiqué.

Tunis appréhende la menace que fait peser la décision du président américain de saper les fondements du processus de paix et les efforts déployés pour relancer les négociations de paix, jugeant qu’elle est de nature à accroître la tension et l’instabilité dans la région, et ce outre qu’elle représente « une provocation aux sentiments de la nation arabo-musulmane, eu égard au symbole que revêt la ville sainte et à la place qu’elle occupe dans la région et dans le monde ». Tout en réitérant la position de soutien à la juste Cause palestinienne, la Tunisie « exhorte toutes les parties de la communauté internationale à surseoir à toute mesure pouvant être considérée comme une reconnaissance explicite ou implicite de l’annexion par Israël de Jérusalem qui est partie intégrante des territoires palestiniens occupés en 1967 ».