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Nigeria
8 juin 2014, par

Selon Think Security Africa, le lancement d’une guerre menée « tous azimuts » contre Boko Haram pourrait transformer la menace que représente actuellement ce groupe en une menace de plus grande ampleur tant pour la sécurité du Nigeria que dans le reste de l’Afrique.
ABUJA, Nigeria, 6 juin 2014/African Press Organization (APO)
Combinée à la capacité de frappe latente dont Boko Haram dispose probablement dans d’autres régions du Nigeria ainsi que dans l’ensemble de la région, la propension qu’a ce groupe de nourrir de vengeance la violence qu’il déploie pourrait conduire, avec le lancement d’une guerre menée « tous azimuts » contre Boko Haram, à des actes de violence terroriste (et autres) dans les États jusqu’alors épargnés du Nigeria ainsi que dans des pays de la sous-région. Cela pourrait déstabiliser davantage les pays limitrophes, dans lesquels les équilibres internes existants sont précaires, et ainsi détériorer la situation sécuritaire au Nigeria.
« Boko Haram n’est pas parvenu à présenter une alternative viable au système actuel de gouvernance. Le groupe a en outre montré un mépris affiché des vies et des biens de ce même peuple qu’il prétend vouloir gouverner. Les véritables questions qui se posent sont de savoir : (1) combien de temps il faudra pour mettre un terme à la violence ; et (2) combien de vies et de pays il sera permis au groupe de détruire avant d’être stoppé. C’est précisément pour ces raisons que la stratégie retenue pour le vaincre doit être choisie avec soin », estime Adunola Abiola, fondatrice de Think Security Africa.
Les attaques de Boko Haram continuent de détourner l’attention et les ressources des problèmes socio-politiques que connaît le Nigeria et qui ont rendu possible la fondation de groupes tels que Boko Haram. En conséquence, les efforts nigérians et internationaux déployés pour mettre fin à l’insurrection de Boko Haram doivent privilégier le confinement et mettre en œuvre des concepts d’opérations conçus pour protéger les civils, renforcer la protection de la force locale et réduire la capacité qu’a Boko Haram de manœuvrer à l’échelle nationale et régionale. L’adoption de mesures de représailles aura probablement pour effet de reproduire le résultat de la vague de répression de 2009 contre Boko Haram où, après avoir subi de lourdes pertes, le groupe est parvenu à se regrouper et à déclencher une campagne de violence dispersée et sans précédent contre les Nigérians.
Le document de Think Security Africa relatif à la sécurité nationale au Nigeria est disponible à l’adresse suivante : http://thinksecurityafrica.org/research/national-security-in-nigeria. Rédigé en 2011, il a, depuis, été téléchargé entièrement ou partiellement plus de 16 000 fois.
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