Nouvelles d’Afrique

Cap-Vert : là où tout a commencé

Bertrand Ancelly / 23 novembre 2020

C’est le pays du sourire, des couleurs et de la musique. Pour saisir l’identité métissée du Cap-Vert, il faut remonter le temps, la ou tout à commencé


Dans la ville de Citade Velha , c’est dans une forteresse construite pour les portugais par des milliers d’esclaves que s’est écrit un pan de l’histoire de l’humanité. Pourquoi y avait’il autant de forteresses ? L’économie, basée sur le commerce atlantique de l’esclave, était une économie qu’il fallait défendre. Citade Velha, dès le 15éme siècle, était l’un des centres commerciaux d’achats et de ventes d’esclaves. C’est le tout premier centre commercial à ciel ouvert dans l’histoire de l’humanité.

A 650km du Sénégal et à 2600km du Brésil, dans l’archipel du Cap-Vert, les habitants sont naturellement tournés vers le large.

Si le Cap-Vert a été au cœur du commerce triangulaire des esclaves, c’est a cause de sa position géographique stratégique. Il a été la toute première ville coloniale d’Afrique, et a vu passer entre 1500 et 1590, prés de 220 000 esclaves. Avant le départ pour le nouveau monde, ils étaient baptisés en masse devant une église, aujourd’hui en ruine. Pour la première fois dans l’économie mondiale, on invente un nouveau système de « marketing » : l’esclave baptisé au Cap-Vert était plus cher que l’esclave non baptisé. Le passage au Cap-Vert était donc le passage obligé pour augmenter le prix de l’esclave.

La musique était alors une forme de libération, de communication et de résistance qui se perpétue encore aujourd’hui a travers le Padouk. On le danse sans bouger les pieds, autrefois enchainés et on le joue sur une percussion souple.

Une musique métissée à l’image de tout un pays qui a puisé dans son histoire la force de son identité.

Bertrand Ancelly